« J'ai proposé au Maire un système de vélo en libre-service »

j.s.

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"J'ai proposé au Maire un système de vélo en libre-service", Denis Baupin, Mairie de Paris
"Paris est le vitrine mondiale du vélo en libre-service", Albert Asseraf,JCDecaux
"Une opération pilotée sans concertation avec les associations", Philippe Colomb, Vélorution
Tour des autres villes: le vélo citadin en libre-service fait des émules

Denis Baupin adjoint au Maire de Paris, chargé des Transports, est à l'origine du projet Velib'. Tête de liste des Verts, à la veille municipales, il repond à nos questions.

- Etyc.org : Bonjour Monsieur Baupin. Pourquoi Vélib' n'arrive que maintenant ?

- Denis Baupin : Vélib’ arrive à point nommé. Depuis 2001, nous avons doublé le aménagements cyclables, nous avons triplé les voies à 30 km/h en aménageant 36 quartiers verts, nous avons constaté une augmentation de 50% des déplacements à vélo. Vélib’ est le plus important parc de vélos en libre service. Voici 2 ans Lyon commençait avec seulement 1 000 vélos, nous en avons déjà plus de 10 000 et 20 600 à la fin de l’année. Un service de cette ampleur ne pouvait se mettre en place en un jour, il a nécessité des études poussées.

- Qui est à l'origine du projet ? Les Verts ? Projet collectif ?

- Président du Club des Villes Cyclables, j’ai pu suivre les expériences françaises et étrangères. Maire adjoint, j’ai proposé au maire de Paris l’adoption d’un système de vélo en libre-service.

- Comment a-t-il été accueilli par les socialistes ? Et par l'opposition ?

- Le maire a soutenu cette initiative. Mais il faut reconnaître qu’au départ tous les élus socialistes n’ont pas été aussi positifs. L’opposition était très réticente, la plupart des maires d’arrondissement de droite ont tenté de freiner l’installation de stations dans leur arrondissement.

- Pensez-vous que cela aurait été plus difficile avec une municipalité à droite ?

- La droite est aujourd’hui suiviste avec le succès rencontré mais jamais ils n’auraient pris une telle initiative. Ils se sont opposés à nos projets d’aménagements cyclables tout au long de la mandature, allant jusqu’à bloquer des chantiers.

- Sur quel modèle de ville vous êtes-vous basé ?

- Ce fut bien l’une des difficultés, il n’existait pas de service de cette ampleur. Il a fallu adapter les expériences connues aux dimensions de Paris, une ville de plus de 2 millions d’habitants au cœur d’une région de 11 millions d’habitants. Nous avons donc regardé ce qui se faisait aussi bien à Lyon ou à Rennes, qu’à Berlin ou à Vienne.

- Qui a choisi le prestataire et comment ?

- C’est le code des marchés publics qui définit les règles. Il y a eu un appel d’offre. La commission d’appel d’offre a examiné les deux dernières propositions en lice. L’un des candidats proposait 14.000 vélos, le second 20.600 : c’est le mieux disant qui a été choisi et entériné par un vote du Conseil de Paris.

- Combien coûte Velib' à la ville, mensuellement, et combien ça rapporte ?

- Vélib’ ne coûte rien à la Ville. Le montant des abonnements est versé au budget de la Ville. Le concessionnaire, en échange de l’exploitation de panneaux publicitaires, dont le nombre a été réduit de 20% par rapport au précédent contrat, exploite le service Vélib’ qui est entièrement à sa charge et verse en plus à la Ville une redevance annuelle de 3,5 millions d’euros.

- Que pensez-vous de la contrepartie du contrat avec JCDecaux, à savoir l'installation de panneaux publicitaires déroulants et éclairés (chacun consommant entre 5000 et 9000 Kwh par an) ?

- J’ai personnellement plaidé pour que les deux marchés, exploitation des panneaux d’information et publicitaires d’une part et vélos en libre-service d’autre part, soient deux marchés distincts. Le maire a arbitré pour un marché liant les deux. Par ailleurs, je déplore l’invasion publicitaire, en particulier sur l’espace public qui mériterait d’être libéré de nombreux obstacles.

- Quel est le regard des Verts sur le projet aujourd'hui ?

- Vélib’ est un formidable moteur pour le développement du vélo en ville. Il montre que le vélo est bien adapté à la ville, qu’il est pratique et moderne.

- Comment tirez-vous votre part du bilan ?

- Même s’il est un peu tôt pour tirer un bilan alors que le service n’est pas encore totalement mis en place, je ne peux que me réjouir de son succès et de voir le nombre toujours grandissant d’abonnés et d’utilisateurs.

- Vous êtes en tête de liste des Verts pour les municipales de 2008: quels nouveaux projets d'aménagement proposez-vous pour un Paris écologique?

- Il faut poursuivre et amplifier la politique que nous avons commencé à mettre en œuvre pour faire de Paris une ville moins polluée, plus sûre, plus conviviale, plus belle. Nous dévoilerons prochainement les grands axes de notre programme pour la prochaine mandature.


Propos recueillis par Jennifer Szwarc