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Velib': les dessous du business
"J'ai proposé au Maire un système de vélo en libre-service", Denis Baupin, Mairie de Paris
"Paris est le vitrine mondiale du vélo en libre-service", Albert Asseraf,JCDecaux
"Une opération pilotée sans concertation avec les associations", Philippe Colomb, Vélorution
Tour des autres villes: le vélo citadin en libre-service fait des émules
A chaque ville sa déclinaison, et son nom : de Velo’v à Lyon à Veli’b à Paris, en passant par V’hello à Aix, Vélocité à Besançon et Mulhouse, Vélo + à Orléans, Métrovélo à Grenoble, Cyclocity à Bruxelles… Et à chacun sa couleur : rouges à Lyon, gris à Paris, verts et rouges à Aix, jaunes à la Rochelle, les vélos en libre service de Marseille seront bleu et blanc.
Premier du genre, le « vélo à la carte » a fait son apparition à Rennes en 1998 : les 200 vélos de la municipalité sont gérés par Clear Channel. Lyon a suivi, en mai 2005, avec 3 000 Velo’v à disposition des habitants du Grand Lyon. A la Rochelle, l’agglomération a lancé en septembre 2005, 100 vélos en libre-service… à ajouter aux 350 « vélos jaunes » en location depuis 1974. Dès lors, le système des vélos citadins « gratuits » se propage dans toute la France ; et au-delà des frontières.
Et aussi Orléans, Aix, Grenoble, et maintenant Paris avec ses 10 648 Velib’. Bientôt Toulouse, Besançon, Mulhouse, Marseille. Et Rouen et Nantes qui doivent suivre.
En Europe, Amsterdam est LE paradis bien connu des vélos. Berlin propose également une solution. Barcelone, Oslo, Stockholm, Séville et Bruxelles sont aussi concernés… Le maire de Londres Ken Livingstone envisage aussi un système type Velib' dans sa ville. Sans compter les villes qui, comme Bordeaux, ont un service de location quasi gratuit mais centralisé dans une «maison du vélo». La « vélorution » est en route : le vélo fait de nouveaux adeptes.
Dans la plupart des cas, c'est l’afficheur JCDecaux qui a emporté les appels d’offre face à son principal concurrent, l’Américain Clear Channel : le groupe publicitaire, également gestionnaire de mobilier urbain, prend en charge le coût et la maintenance des vélos en échange d'espaces publicitaires. Son concept Cyclocity s’exporte un peu partout.
Présentement, l’agglomération d’Orléans Val de Loire est la première collectivité en France à proposer ce service en dehors d’un marché de mobilier urbain publicitaire. C’est en effet Effia, filiale de la SNCF, qui gère le service.
La location de vélo coûte au Parisien six fois plus qu’au Lyonnais : tandis que l’abonnement annuel coûte 29€ à Paris, il ne coûte que 5€ à Lyon. Pour l’utilisation, la première demi-heure est gratuite dans les deux villes. Mais pour les heures suivantes, il n’y a pas photo : 1€ pour les deuxième et troisième demi-heures, 4€ pour les suivantes à Paris, 25 centimes seulement à Lyon ! A Rennes, c'est même gratuit pendant 2 heures ! Le tarif parisien a été décidé par sa mairie, et correspondrait plus à la réalité du service qu'à Lyon où le système coûte plus cher que prévu, selon la société JCDecaux. Bref, deux modèles distincts : l'un qui doit rentrer dans ses frais, l'autre qui joue sur l'incitatif et la liberté.
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