Velib' : les dessous du business

j.s.

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Velib': les dessous du business
"J'ai proposé au Maire un système de vélo en libre-service", Denis Baupin, Mairie de Paris
"Paris est le vitrine mondiale du vélo en libre-service", Albert Asseraf,JCDecaux
"Une opération pilotée sans concertation avec les associations", Philippe Colomb, Vélorution
Tour des autres villes: le vélo citadin en libre-service fait des émules

A quelques mois des municipales, la Mairie de Paris incite à la « vélorution » avec le vélo-liberté comme solution alternative aux modes de transports polluants.
Hasard du calendrier ? Et, qui finance le projet Velib’ ?


Rappelez-vous, le spécialiste français du mobilier urbain JCDecaux avait remporté l’appel d’offre de la Mairie de Paris, après une bataille judiciaire de longue haleine contre Clear channel, le géant américain de la publicité. C’est donc JCDecaux qui a conçu et financé l’ensemble du projet. Un projet qui coûte entre 80 et 90 millions d’euros, mais dont la ville percevra les recettes. D’ici la fin de l’année 20 600 vélos seront disponibles dans 1451 stations libre-service.
La contrepartie du contrat : la gestion pour JCDecaux des 1 628 panneaux publicitaires de la ville de Paris (contre 2 000 avant), pendant 10 ans… L’annonceur pense doubler son chiffre d’affaire, passant de 30 millions d’euros à 60 millions d’euros.

Moins de pots d’échappement contre pollution visuelle et électrique.

Au-delà de ces chiffres impressionnant, reste l’affichage publicitaire dans Paris. Qui l’est tout autant ! Ainsi….
Malgré une baisse de 20% du nombre de panneaux, la publicité se multiplie dans la capitale. Les panneaux sont désormais déroulants : ils ont 4 affiches successives. Les formats 4x3 sont maintenus ; des formats 16m² et visu sans limite de surface s’y ajoutent. Très imaginatif, le publicitaire sait stimuler le consommateur. Et il va encore plus loin : les panneaux sont aussi éclairés. Chacun consommant de 5 000 à 9 000 kWh l’année, soit la consommation électrique de 2 à 3 familles de 4 personnes (source : Agir pour l’environnement).
Les militants écolo crient depuis longtemps contre cette pollution visuelle énergivore. Mais rien n’y fait. Les ouvriers de JCDecaux ont passé leur semaine entière à remplacer chaque panneau de la ville par les nouveaux. Tout un programme, nommé Velib’, pour une ville plus verte.

« Les panneaux installés consomment 40% d’énergie en moins que les précédents, grâce à de nouveaux néons. Ils ne sont pas allumés le jour. »
, défend Albert Asseraf, le directeur de la stratégie du gestionnaire urbain JCDecaux.

Ironiques, les militants de longue date de la bicyclette, regroupés sur le site vélorution.org, annoncent que « Les Vépub’, vélos sous-marins de l’Empire publicitaire viennent de prendre possession de Paris. ».

En effet, Velib’ est une solution qui appartient à JCDecaux, mais dont la Mairie reçoit l’intégralité des recettes. Et comment sera utilisé ce bénéfice ? Bertrand Delanoë, contacté pour une interview, « ne souhaite pas communiqué sur Velib’ » selon son Responsable Presse. Nous avons passé 4h pour le joindre, et avons eu pour seule réponse : « On ne cale pas d’interview et vous nous faites perdre notre temps », pour enfin se voir raccrocher au nez.

Cela ressemblerait donc à s’y méprendre à une opération de communication savamment marketée à la veille des municipales.