"Nous sommes globalement rassurés", a commenté le président de la fédération France Nature Environnement (FNE) Sébastien Genest, à la sortie de la rencontre. Après avoir déploré "des décisions contraires à l'esprit du Grenelle" en matière d'aménagement du territoire, comme les constructions du barrage du Rizzanese en Corse et de l'autoroute A65 entre Langon et Pau, il assurait dans la soirée avoir été "conforté par rapport à la détermination du ministre". "On est aussi confortés dans la nécessité de rester vigilants par rapport à la majorité parlementaire, aux grands corps de l'Etat et aux autres ministères", a-t-il tout de même ajouté.
Yannick Jadot, directeur des campagnes à Greenpeace et porte-parole de l'Alliance pour la planète (qui regroupe 80 ONG, dont Greenpeace) a estimé pour sa part que le Grenelle était pris "entre deux tenailles", l'administration et le Parlement. "L'administration squatte les comités opérationnels, elle est omniprésente avec une très faible représentation des associations et elle tente de réinterpréter les décisions pour les minorer, avec le soutien ou en appui des entreprises."
Pour répondre à cette inquiétude, le rôle du comité de suivi a été conforté jeudi, a ajouté M. Jadot: "tout ce qui sortira des comités opérationnels sera d'abord visé par le comité de suivi avant d'entrer dans le projet de loi" qui doit être débattu avant l'été.
Les associations ont aussi profité de la réunion pour "envoyer au gouvernement et au président de la République un message: que la majorité parlementaire cesse d'instrumentaliser le Grenelle de l'environnement pour traduire son mécontentement vis-à-vis de l'exécutif", selon M. Jadot. Le message est passé, voulaient croire les représentants associatifs contactés.
Quant aux projets d'aménagement du territoire pointés par les militants, "des coups sont déjà tirés" et ne pourront pas être remis en cause, a prévenu le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo, selon les propos rapportés par Yannick Jadot. Mais les autres dossiers "seront réexaminés au vu des critères du Grenelle et seront réévalués dans les mois qui viennent", a assuré Jean-Paul Besset, porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot.
Du côté du ministère de l'Ecologie, on expliquait que la mise en oeuvre des décisions du Grenelle est "une grosse machine". "Mais tout est en train de se mettre en place", soulignait-on également, en observant qu'il était "normal" qu'il y ait "des choses sur lesquelles les gens sont contents, d'autres pas"