jack.barron
Le président de la République italienne Giorgio Napolitano a dénoncé dimanche une "tragédie des déchets" à Naples et sa région, où plus de 100.000 tonnes d'ordures se sont amoncelées depuis la fin de l'année, en raison d'une saturation des décharges. L'armée charge, les riverains protestent contre la réouverture d'une décharge, et la Mafia tente de prendre le contrôle des déchetteries...
Une première réunion du gouvernement est prévue ce lundi 7 janvier à Rome alors que Romano Prodi a affirmé samedi soir vouloir régler "définitivement" ce problème qui dure depuis 1994. Il a aussi ordonné une réouverture des écoles, lundi comme prévu, alors que plusieurs maires s'y opposent pour des raisons d'hygiène. Le ministre de la Défense Arturo Parisi a annoncé dimanche soir que le Génie militaire était prêt sur demande des autorités préfectorales à dégager les abords des écoles.
Cette nouvelle crise des déchets, après la dernière en date, en mai, a eu pour détonateur un conflit social peu avant Noël qui a entraîné la fermeture de centres de retraitement. L'agence italienne Ansa a estimé dimanche que plus de 100.000 tonnes d'ordures s'étaient accumulées dans la province de Campanie dont Naples est le chef-lieu (5,7 millions d'habitants au total), se fondant sur des sources officielles.
Plus de 4.500 tonnes jonchent les rues de la seule ville de Naples qui offre le spectacle désolant de tas d'imondices, de bennes débordantes et de sacs poubelle. La pluie limite toutefois les mauvaises odeurs. Craignant des nuisances, la population refuse la réouverture de ce site de la périphérie ouest de Naples, fermé depuis 1996 et distant d'environ 300 mètres des premières habitations.
Naples et sa périphérie sont régulièrement envahies par les ordures depuis 1994, en raison notamment de l'insuffisance des centres de retraitement. Depuis cette date, l'Etat italien a dépensé un milliard d'euros et nommé huit commissaires ad hoc qui se sont succédé pour régler la crise sans que la situation ne s'améliore.
Outre la saturation de nombreux centres de retraitement, certains ont dû être fermés par la justice en raison de leur infiltration par la Camorra. La mafia traite aussi des produits dangereux sans tenir aucun compte de l'environnement dans des décharges clandestines.