Coups de chauds et de froids à la fin de la conférence de Bali sur le climat


jack.barron

Cest dans la douleur, la mauvaise foi et les pleures que la conférence sur le climat est parvenue à établir une feuille de route pour les prochaines négociations sur les réductions mondiales des émissions de gaz à effet de serre. Suite aux pressions des Etats-Unis, aucun objectif chiffré ne figure.

La communauté internationale a fini par trouvé un compromis, un accord à minima, une feuille de route qui fixe toutes contraintes... à plus tard ! Les négociations sur l'après Kyoto doivent commencer " dès que possible et pas plus tard qu'avril 2008 ", stipule le texte. Ces négociations devront aboutir à un accord mondial en 2009.

La conférence de Bali s'est achevée dans une atmosphère de tensions allant jusqu'à faire "craquer" Yvo de Boer, responsable de la lutte contre le changement climatique à l'ONU. Les Etats-Unis ont effet multiplié les suspensions de séance, refusant tout engagement chiffré.

Conséquence de ce blocage, des éléments fondamentaux ne figurent pas dans l'accord final :

  • L'objectif de maintenir l'augmentation globale des températures en dessous de 2°C d'ici la fin du siècle ;
  • La réduction par deux des émissions mondiales de gaz à effet de serre d'ici à 2050
  • et l'engagement des pays industrialisés de réduire de 25 à 40 % leur émissions d'ici à 2020, par rapport aux niveaux de 1990 .
  • "Le consensus scientifique est réduit à une note de bas de page, qui renvoie à un tableau où chaque pays peut opter le scénario qui lui convient", déclare Pascal Husting, directeur général de Greenpeace France.

En réaction au blocage américain, les pays du G77, emmenés par l'Inde et la Chine, ont multiplié les incidents et réclamé davantage de soutien financier et technologique pour engager des "actions" de réduction de leurs émissions. La demande a été soutenue par l'Union européenne, voulant faire preuve " d'esprit de compromis ".

 Parmi les avancées de Bali, deux grands chantiers semblent démarrer:

  • Pour l’adaptation des pays pauvres aux modifications du climat, des financements pourraient être débloqués grâce à l’activation du fonds prévu par le protocole de Kyoto.
  • La création d’un mécanisme de compensation des émissions de CO2 évitées par les politiques de lutte contre la déforestation. 18 à 20 % des émissions mondiales de GES proviennent de la déforestation et un consensus semble se dessiner sur la nécessité de compenser, financièrement, les politiques permettant de la réduire. Le marché potentiel de ces crédits carbone atteindrait ainsi entre 2,3 et 23 milliards de dollars par an, selon le Centre international de recherche forestière (Cifor).Toutefois, les modalités de mise en œuvre posent non seulement de nombreux problèmes techniques, mais également de gouvernance.

Reste que Bali a bel et bien échoué sur l'essentiel : trouver un accord commun comprenant des objectifs chiffrés.