Documentaire en salles : Paysages manufacturés


jack.barron

Actuellement en salles, le documentaire Paysages manufacturés est l'oeuvre de la réalisatrice Jennifer Baichwal et du photographe canadien Edward Burtynsky. Lors d'un voyage en Chine, ce dernier met en exergue les effets néfastes de la pollution et de l'industrialisation sur les paysages naturels.

Ce documentaire est à la fois une oeuvre d'art et une réflexion sur l'industrialisation, la mutation des paysages et la condition humaine. Mondialement acclamé pour ses photos à grande échelle de "paysages manufacturés" – carrières, usines de recyclage, usines, mines et barrages – Edward Burtynsky crée un art d'une beauté rare à partir des matériaux et des déchets issus de la civilisation. La caméra le suit en Chine où il photographie les preuves et les effets de la révolution industrielle massive de ce pays.

Dans la lignée de films traitant de l'environnement tels que Une vérité qui dérange et Rivers and Tides, Paysages manufacturés réveille notre conscience du monde et de notre mode de vie, sans jugements simplistes ni résolutions réductrices.

Pour ce photographe : " La nature transformée par l'industrie est un thème prédominant dans mon travail. Je m'efforce de poser un regard contemporain sur les grands âges de l'humanité : de la pierre aux minéraux, au pétrole, au transport, à la silicone, etc. Afin de concrétiser ces idées, je recherche des sujets riches en détails et en envergure, mais toujours ouverts dans leur signification. Usines de recyclage, chantiers de mines, carrières et raffineries sont autant de lieux qui nous sont étrangers, pourtant, leur production nous sert au quotidien.  

Ces images sont des métaphores du dilemme de notre existence moderne : elles tentent d'établir un dialogue entre attraction et répulsion, séduction et crainte. Nous sommes guidés par le désir – la possibilité d'une meilleure qualité de vie – tout en sachant, consciemment ou non, que le monde souffre de nos avancées. Nous dépendons de la nature qui nous fournit les matériaux destinés à notre consommation et nous nous préoccupons de la santé de la planète, ce qui nous place dans un état de contradiction inconfortable. Pour moi, ces images agissent comme des miroirs de notre époque."