Début de la Conférence sur le climat à Bali

jack.barron

La conférence sur le climat qui débute aujourd’hui à Bali, en Indonésie, réunit les décideurs du monde entier autour du problème de la déforestation dans les pays du Sud ou du Mécanisme de développement propre (MDP). Mais elle marque surtout le coup d’envoi des négociations autour de la réduction des émissions de carbone, après 2012.

L’Europe veut fixer des objectifs contraignants, toutefois de grandes incertitudes demeurent sur les positions futures, à court terme, des pays en développement et, à moyen terme, des Etats-Unis. Les participants à la conférence vont devoir aborder 12 thèmes dont la gestion du Mécanisme pour un développement propre (MDP) et la question les émissions de carbone liées au déboisement dans les pays en développement, dans le cadre du protocole de Kyoto sur la période 2008-2012.

Ajustements et équité

A l’étude, une répartition plus équitable des financements liés au Mécanisme de développement propre, un système qui permet aux entreprises occidentales d’investir dans des pays du Sud pour être créditées de la réduction des émissions de CO2 ainsi obtenue. La nécessité de rééquilibrer ce dispositif part d’un constat simple : il bénéficie pour plus de 75% au Brésil, à l’Inde et à la Chine, au détriment de pays moins avancés.

Par ailleurs, pour stopper la déforestation considérée responsable de près de 25% des émissions de carbone au niveau mondial, la reproduction d’un système de MDP est envisagée au sein de la communauté internationale pour inciter les pays du Sud à protéger leurs forêts, soit sous forme d’un dispositif de crédits carbone, soit par la création d’un fonds de paiement.

Toutefois, ce sont les discussions autour de " l’après-Kyoto " qui cristallisent le plus d’interrogations puisqu’elles définiront le visage des engagements concernant la réduction des gaz à effets de serre après 2012. Au mois de novembre, le Groupe d’experts intergouvernementaux sur l’évolution du climat (GIEC) a entériné, après d’âpres négociations, son 4ème rapport à Valence, alarmant les gouvernements de " l’irréversibilité " du changement climatique et définissant des mesures concrètes pour atténuer le phénomène.

De l’impulsion européenne

L’Europe, et avec elle la France, aborde la conférence de Bali avec la volonté de convaincre pays industrialisés et pays émergents de la nécessité d’une action collective internationale et d’objectifs contraignants en matière de réduction des gaz à effet de serre . L’Union européenne a elle-même fixé la diminution des émissions de sa zone de 20% d’ici à 2020 par rapport au niveau de 1990. L’objectif de 30% est même envisagé dans un contexte de consensus international. La France, par la voix de Brice Lalonde, appuiera notamment une approche " différenciée " de contraintes, par pays, par branche industrielle ou même par gaz.