La fonte record de la banquise d'été observée ces derniers mois est peut être le signe que le réchauffement climatique a atteint un premier seuil, pensent certains scientifiques.
"Si autant de glace arctique a fondu si brusquement, c'est qu'on a atteint ce premier seuil que nous avons évoqué ces dernières années", déclare James Hansen, directeur de l'Institut Goddard pour les études spatiales de la Nasa.
En l'espace de deux ans, la surface de la banquise a perdu 20% pour atteindre 4,2 millions de km carrés à la mi-septembre . Sa surface est inférieure de 23 % au niveau de 2005. Cela représente 39 % de moins que la moyenne observée entre 1970 et 2000.
Résultat : Le taux de fonte de la glace depuis 1979 est désormais de 10 % par décennie, contre 8 % il y a deux ans. Ces résultats dépassent toutes les prévisions des modèles climatiques simulant les réactions du continent arctique au réchauffement.
Selon de nombreux experts, la banquise d'été pourrait avoir disparu avant le milieu du siècle, c'est-à-dire plusieurs décennies avant ce que prévoyaient les études précédentes. Le climat se radoucit en effet deux fois plus vite au pôle Nord que sur le reste du globe. Le thermomètre pourrait y gagner 4 à 7 °C en moyenne d'ici à 2100, estime le rapport de l'Arctic Climate Impact Assessment (Acia), forum intergouvernemental des huit pays frontaliers de l'Arctique, paru voici trois ans. C'est bien plus que les 1,8 °C à 4 °C prévus par le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) en janvier dernier sur l'ensemble de la planète, à la même échéance.
Cette fonte pourrait ouvrir de nouvelles zones à la prospection de gaz et d'hydrocarbures, ainsi que de nouvelles voies de navigation au nord-ouest. Cela impliquerait aussi la disparition progressive de la culture des Inuits. Et l'extinction des ours polaires.
(avec Afp et Reuters. Image Nasa)