Nous
sommes aujourd'hui le 25 Aout 2009, c'est le premier anniversaire de la
mort de Vassili Borissovitch Nesterenko, ce nom ne vous dit peut-être
pas grand chose, c'est tout à fait normal, tout a été orchestré depuis
le 26 Avril 1986 pour faire disparaître ce nom, cet homme, ainsi que
les 799 999 autres liquidateurs de Tchernobyl. Alors que le CERI (Comité Européen sur le Risque de l'Irradiation, voir La Déclaration de Lesvos) estime
a ce jour à 70 million, le nombre de victimes de la radioactivité, que
sont devenu les 800 000 combattants du « monstre »? 200 000 à 300 000
sont déjà morts ? Les autres ne sont de toute façon pas en bonne santé
et leur descendance non plus. Alors que dans leur pays d'origine, on
avait de longue date usé du culte du héros pour la propagande, dans ce
cas bien précis, c'est le contraire qui s'est produit, et l'étouffement
s'est même étendu sur toute l'Europe voire le monde, comme le nuage
radioactif; ils ont sauvé l'Europe et l'Europe les nie !
Quand j'étais gosse, je ne comprenais pas à quoi servaient les cimetières, les anniversaires etc « puisqu'ils sont morts... » C'est seulement bien plus tard que l'on se rend compte que toutes les communautés humaines ont leur façon propre de cultiver la mémoire des disparus.
Et nous faisons notre part devant l'OMS depuis deux ans et demi (26 Avril 2007) « bien à l'abri de la médiatisation aussi » vous pouvez participer aussi (www.independentwho.info) ou aider Belrad à bout de souffle sans soutien de la communauté internationale. http://enfantsdetchernobylbelarus.doubleclic.asso.fr/pages/0.html
Cet homme est devenu très important pour nous tous; il est d'autant plus crédible qu'il croyait au nucléaire, mais dès la Catastrophe, il s'est rendu compte de sa méprise et de la forfaiture humaine (comme Sakharov). Et il a passé le reste de sa vie à soigner les enfants et essayer de faire entendre raison à la communauté internationale, jusqu'à l'extrême limite de ses forces, pour finalement succomber des suites de sa contamination radioactive, le dernier coup a été donné par son propre gouvernement, pourtant la « raison d'Etat » n'existe pas, il n'y a que la raison.
Cet homme représente tous ces inconnus méprisés, humiliés et la lutte contre l'étouffement général, c'est un phare et nous sommes vigies.
Avec Bandajevsky et les scientifiques slaves intègres, ils ont mis à jour la nocivité des faibles doses de radioactivité, c'est cela le point nodal de « l'affaire » Mais la communauté internationale s'obstine à sacrifier volontairement plus de trois millions de personnes, dont un million d'enfants touchés par la contamination interne. Tout cela explique le mensonge sur le nucléaire. Mais avec les scientifiques et médecins, écrivains, journalistes etc qui continuent de se battre, nous nous obstinons aussi. C'est pourtant devenu presque pompeux d'employer le terme de société civile, mais qu'est ce d'autre qu'une société qui ne veut pas être militaire?
Cette position « incongrue » en chagrine plus d'un, certain nous trouvent ridicules, désuets etc même des militants n'adhèrent pas à ce genre de « démonstration ». C'est pourtant une belle chaîne humaine qui se forme là, tout le monde y a sa place (il suffit de réserver) nous avons même l'autorisation signée !, même le maire actuel (ils tournent à plusieurs, histoire de ne pas se corrompre avec le pouvoir) de cette grande ville de Genève est venu porter la pancarte. Nous progressons, et les signes de bienveillance du public en atteste, même du personnel de l'OMS.
Si vous y passez, vous y verrez peut-être la photo de cet homme accrochez à un chêne, ils étaient tous forts comme des chênes avant d'aller se battre contre ce monstre, la bêtise humaine. Si vous vous approchez encore, vous remarquerez ces yeux, dans ces yeux vous verrez tout le questionnement sur l'avenir de l'humanité. Et nous sommes là, devant ce nœud de vipères, en première place, qu'importe cette mascarade orchestrée de pandémie, nous tenons depuis si longtemps, même si nous n'avons pas encore toutes les réponses, nous savons quelle direction prendre, c'est très simple.
Et nous irons jusqu'au bout, soyez-en certain.
Jean-Yves Peillard pour les collectifs
25.08.2008 - COMMUNIQUÉ D'ALEXEI YABLOKOV DANS LA PRESSE RUSSE
Ce matin, dans un hôpital de Minsk est mort Vassili Borissovitch Nesterenko suite à une grave maladie. Un
grand scientifique et un homme d’une abnégation totale a cessé de vivre. Physicien atomiste, docteur ès sciences techniques, membre correspondant de l’Académie nationale des sciences du Bélarus, constructeur en chef de la centrale atomique mobile « Pamir » et directeur général de l’Institut d’énergétique atomique du Bélarus (1971-1987), il a effectué, quelques heures après l’explosion, les mesures instrumentales de la radioactivité au-dessus du réacteur de Tchernobyl et s’est voué à la protection du peuple biélorusse contre le mal radioactif.
Sur initiative d’Andrei Sakharov, d’Ales Adamovitch et d’Anatoli Karpov, il a créé en 1987 et dirigé sans
interruption l’Institut non gouvernemental « Belrad », qui au cours des années passées a aidé plus de 300 000 enfants en leur assurant une radioprotection.
Les laboratoires mobiles de « Belrad » mesurent chaque année le niveau d’incorporation des radionucléides
dans l’organisme de plusieurs milliers d’enfants, les additifs alimentaires à base de pectine produits à « Belrad » éliminent efficacement les radionucléides de l’organisme. Le professeur Vassili Nesterenko était ambassadeur de la paix de l’ONU. Ses interventions devant le Parlement européen et devant des centaines d’autres auditoires ne laissaient indifférents personne. Par son activité désintéressée il a su attirer beaucoup de millions de dollars pour le salut des enfants biélorusses. On ne peut qu’être étonné devant l’incroyable ténacité, l’énergie, le talent d’organisateur et l’inflexibilité de ce grand homme, qui a créé « Belrad » dans les conditions d’oppression et de persécution sans précédent de la part des autorités officielles et du « petit père » Loukachenko lui-même, qui craignent la vérité sur les terribles conséquences de la catastrophe de Tchernobyl.
Aujourd'hui, nous pouvons dire que Vassili Nesterenko est entré dans le rang des grands humanistes de notre temps : Schweitzer, Gandhi, Sakharov…
Les hommes comme Nesterenko nous montrent à tous comment il faut vivre.
Mémoire radieuse et éternelle.
Alexei Yablokov
25 août 2008
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