Votre énergie va vous coûter plus cher!
Offres alternatives
Enercoop allie éthique et intérêt collectif
Solaire direct: du «100% énergies renouvelables» produit chez soi
Qui dit électricité, dit ampoules: soyons responsables jusqu'au bout!
Partir ou ne pas partir d’EDF ? Telle est la question. D’après l’opérateur public, vous avez « le pouvoir de choisir » ; choisir de partir, mais pas de revenir dans les mêmes conditions ! Si vous rompez votre contrat actuel, c’est de manière irréversible… pour vous, et les prochains locataires de votre appartement, un abonnement étant souscrit avec un logement. Cette disposition est fortement contestée, y compris dans le monde politique. Début août, cinq députés UMP ont déposé une proposition de loi afin de permettre aux particuliers, artisans et commerçants, de revenir aux tarifs réglementés.
Changer de fournisseur d’électricité, depuis le début de l’été, c’est possible. Rien de plus simple même. Vous signez un contrat avec le fournisseur de votre choix, il s’occupe de résilier l’ancien. Pour les services techniques, pas de changement : c’est toujours le réseau de transport de l’électricité qui s’occupe de l’entretien et de la sécurité, donc même numéro de dépannage, même techniciens. Avec le processus de libéralisation, seules la production et la commercialisation sont soumises à concurrence. Et encore, ça reste à voir pour la production…
Aujourd’hui, huit fournisseurs d’électricité se sont déclarés auprès de la Commission de Régulation de l’Energie pour offrir leurs services aux particuliers en France. Il s’agit de Direct Énergie, EDF, Electrabel, Enercoop, Gaz de France, GEG Sources d’énergies, Alterna et Poweo.
Certains proposent des contrats « verts » à prix plus élevés. Leur électricité serait issue de sources d’énergies renouvelables : petite hydraulique, éolien, géothermie, solaire, biomasse… Méfiance, c’est du marketing ! La plupart se basent sur le système des certificats verts, ce qui est contestable selon Greenpeace: Ces certificats, délivrés par l’organisme Oberserv’ER (http://www.oberv-er.org/), attestent qu’une certaine quantité d’électricité verte a bien été injectée sur le réseau. Mais aujourd’hui, rien ne prouve que cette quantité soit majoritaire dans le mix énergétique, et encore moins que l’entreprise réinvestisse ses bénéfices dans ces technologies !
Seuls Solaire Directe – domaine du photovoltaïque – et Enercoop – société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) – offrent une approche originale et réellement écolo. Pour évaluer les autres : consultez le guide Écolo Watt de Greenpeace (tableau reproduit ci-dessous) qui les a notés, ou fiez-vous au label Eve, pour « Electricité Verte » (initié par le World Wide Fund for Nature (WWF) et le Comité de Liaison des Energies Renouvelables (CLER) ), afin de savoir s’ils respectent l’environnement.
Malgré les apparences, la plupart des opérateurs alternatifs se fournissent en énergie nucléaire chez EDF à prix coûtant. Ceux qui produisent de l’énergie autre que nucléaire la revendent directement à EDF, pour profiter des réseaux déjà installés… Les circuits restent inchangés. Alors, si la majorité des fournisseurs alternatifs passent par EDF, qu’ils ne transportent pas, ne réparent pas… quelle est leur valeur ajoutée ?
Qu’est ce qui va changer réellement ? Jusqu’à présent le prix de l’électricité était réglementé, les évolutions de tarifs ne pouvaient dépasser le taux de l’inflation. Selon la loi du 13 juillet 2005 sur les orientations de la politique énergétique, le principe du tarif réglementé restera en vigueur jusqu’en 2010. Si vous restez chez EDF, vous en bénéficierez jusqu’à cette date. A partir du moment où vous quittez EDF, finis les tarifs réglementés : les prix de votre électricité seront soumis à concurrence. Conformément aux lois du marché, le but d’une entreprise n’est pas de vendre au moins cher, mais au prix le plus cher acceptable par le consommateur. Cela rime généralement avec envolée des prix. Alors méfiez-vous des offres tarifaires « indexées en-dessous du tarif réglementé » … Elles ne sont là que pour vous souhaiter la bienvenue dans le « marché dérégulé ». Et ont probablement une durée très limitée.
Les professionnels en ont déjà fait les frais. Conformément à une entrée progressive de la France dans le marché européen de l’électricité, ces derniers bénéficient de la libre concurrence énergétique depuis le 1er juillet 2004. Les factures ont nettement augmenté en trois ans, et le gouvernement a choisi, début janvier, de revenir partiellement à la réglementation avec la mise en place du « tarif réglementé transitoire d'ajustement du
marché »
De quoi inquiéter les consommateurs grands publics ! D’ailleurs, UFC Que Choisir recommande de ne pas quitter EDF…
Savoir dans quelle configuration nous allons nous retrouver est prématuré : s’approchera-t-on de la déréglementation téléphonique où in fine les prix ont baissé, ou de celle des annuaires où tous les opérateurs se servent généreusement ? Quoi qu’il en soit, espérons que ces initiatives vertes – savamment marketées - éveilleront un intérêt citoyen.
Et si les prix flambent, après tout, tant mieux ! Les conscience éveillées devront passer a l’acte. Ne plus gaspiller l’énergie. Diminuer sa consommation. Installer chez soi ampoules à basse tension, panneaux solaires et éoliennes quand c’est possible…