"On passe beaucoup de temps dans nos chambres et dans les restaurants, on évite d'aller dehors. C'est un problème", a-t-il confié à l'AFP. Le week-end dernier, les Pékinois avaient pu apprécier un ciel bleu, spectacle rare ces dernières semaines, dans la foulée de strictes mesures anti-pollution mises en place le 20 juillet. Parmi ces mesures, la plus spectaculaire est sans doute la circulation alternée des voitures, un jour celles à plaque d'immatriculation paire, le lendemain les impaires. Les autorités chinoises ont indiqué qu'elles pourraient décider de mesures supplémentaires pendant les JO (8-24 août), si la qualité de l'air n'était pas satisfaisante.
Novethic.fr a interviewé de Hélène Cachier, chercheur au Laboratoire de surveillance du climat et de l’environnement (LSCE) à Gif-sur-Yvette, à ce propos.
Selon elle : « Il est clair que l’air à Pékin est plus respirable qu’il y a dix ans. Je travaille sur la pollution particulaire avec le Bureau de surveillance de la qualité de l’air de Pékin depuis le début des années 2000, quand la prise de conscience s’est généralisée et que les autorités ont décidé de prendre des mesures drastiques pour réduire la pollution atmosphérique. Depuis, celle-ci a certes reculé, mais elle a surtout changé de nature : les incitations gouvernementales contre le charbon domestique ont porté leurs fruits, mais l’explosion du trafic automobile a généré une nouvelle forme de pollution. Sans parler des chantiers qui fleurissent tous les jours à Pékin. C’est pour cela d’ailleurs que les autorités viennent de limiter le trafic, et d’arrêter de nombreuses usines : elles espèrent gagner quelques jours de « ciel bleu » [jours pendant lesquels l’indice de pollution de l’air (API) est inférieur à 100, ndlr]. Un ami pékinois me disait à ce sujet que la capitale est presque tombée dans le silence ! Mais, malgré ces mesure, l’objectif 258 jours de « ciel bleu » dans l’année ne sera sûrement pas atteint. D’autant que des phénomènes météorologiques ont biaisé les résultats. En mai dernier, des tempêtes de sable qui d’ordinaire s’arrêtent en avril ont apporté des particules fines naturelles sur Pékin, et ont fait grimper l’indice.
Quoi qu’il en soit, la capitale a fait des efforts colossaux pour assainir l’air. Ces efforts ont payé même s’ils sont en train de stagner, face aux évolutions rapides de la ville. Six lignes de métro ont étaient construites en dix ans ! Faire baisser la pollution parallèlement à ce bouleversement urbain, c’est quand même remarquable. De là à dire que l’air est suffisamment respirable pour courir le marathon, c’est autre chose. Les Chinois n’ont pas les mêmes critères que nous pour définir un « ciel bleu » : le seuil de tolérance des particules fines est de 150 microgrammes par m3 en Chine, les normes européennes sont fixées à 20 microg/m3 dès 2010… »
Petit rappel, deux mois avant les J.O, Pekin espérait : « retirer des rues 45% des 3,3 millions de voitures en circulation et réduire de 63% leurs émissions »…