L’objectif de l'étude : passer au crible 1617 plages françaises, et surtout, alerter le grand public et les institutions sur le risque de fermeture et le déclassement inévitable de nombre de plages. Avec les futures normes de qualité des eaux de baignade et d’environnement (entres autres : meilleure information du public, prise en compte des zones d’activités nautiques, suivi de la qualité des eaux, prise en compte de toutes les pollutions) qui devront être appliquées à l’horizon 2015 suite à la directive européenne adoptée en 2006, la France a du pain sur la planche. Etat des lieux.
Si le nombre de plages d’excellente qualité reste relativement stable, le rapport constate en revanche que la part des bords de mer aux eaux de bonne qualité diminue de près d’un tiers en l'espace de 3 ans, passant de 420 à 287. Quant aux eaux dites de 'qualité suffisante', leur nombre augmente presque de moitié ; on passe de 71 à 120 plages. Enfin, le changement le plus important et le plus inquiétant se fait au niveau des plages de 'qualité insuffisante'. Elles étaient 4 en 2004, elles sont 131 en 2007, selon l'étude.
Les régions à surveiller : la Bretagne (avec plus d'une centaine de plages déclassées), PACA ( plus de 60 plages) ou encore la Basse-Normandie.
Le constat est préoccupant, d'autant plus que pour préserver leurs statistiques, nombreux sont les pays qui rayent les sites sensibles de leurs listes plutôt que de mettre en place des programmes de réhabilitation.
En 2006 seulement, les Etats membres ont rayé de leurs listes nationales pas moins de 88 sites côtiers. On se souvient notamment du cas de la Grèce, qui annonçait en 2004 que 100% de ses sites de baignade en eaux douces étaient classés "d’excellente qualité". Ce qu'on sait moins en revanche, c'est qu'elle ne déclarait officiellement que 4 sites de baignade sur tout son territoire...
Ainsi, en juin 2008, Stavros DIMAS, membre de la Commission chargé de l’environnement restait préoccupé par les Etats qui préféraient "déclasser les sites qui ne répondent pas aux normes de qualité communautaires [plutôt que de] traiter les problèmes de pollution à la source". L'année dernière, onze Etats membres étaient rappelés à l’ordre dont la France.