L'Agence BIO vient de rendre public les chiffres 2007 de
l'agriculture biologique en France. Ils confirment l'assise du Bio dans
la production alimentaire même si le secteur poursuit inégalement son
évolution.
Près de 12 000 producteurs engagés dans la bio
En
2007, 11 978 producteurs étaient engagés dans l’agriculture biologique,
soit 3% de plus qu’en 2006. La superficie en mode de production
biologique était de 557 133 ha, soit 2% de la surface agricole utile
(SAU) nationale.
Les 2/3 de cette superficie étaient en herbe ou cultivés avec des
plantes fourragères, soit 344 000 ha. Les grandes cultures couvraient
20% des surfaces en mode de production biologique avec 110 404 ha et
les cultures pérennes (vigne et fruits) 6% avec 32 158 ha.
L’année 2007 a été marquée par une forte augmentation des surfaces en
vignes qui ont atteint les 22 000 ha (+20% vs 2006), en légumes frais
(7 433 ha ; +32% vs 2006) et en plantes à parfums, aromatiques et
médicinales.
Le vignoble bio en forte expansion
Dans
un contexte de réduction de l’ensemble des surfaces viticoles
nationales, les vignes bio sont en forte progression ainsi que le
nombre de viticulteurs engagés qui a augmenté de plus de 16% (1907
viticulteurs fin 2007). Ainsi, les vignes bio représentent 2,6% du
vignoble français. Les trois régions qui regroupent les 2/3 des
surfaces en vigne certifiées connaissent une forte progression :
Languedoc-Roussillon (6 140 ha, +16% par rapport à 2006),
Provence-Alpes-Côte d’Azur (5 294 ha, +24%) et Aquitaine (3 065 ha,
+9%). La progression est également très forte en Bourgogne (+28%) où
les vignes certifiées couvraient en 2007 près de 1 000 hectares.
Légumes frais : la palme du taux de progression
Avec
7 433 ha, les surfaces en légumes frais cultivées selon le mode de
production biologiques représentaient en 2007 près de 2% des surfaces
légumières nationales. La Bretagne reste la première région légumière
avec près d’un quart des surfaces certifiées (1 744 ha en légumes
frais), en progression de 39%. En revanche, après la très forte
augmentation observée en 2006, les surfaces en légumes secs sont en
baisse, ce qui correspond à un rééquilibrage (avec une baisse de 42%).
La part des légumes secs a en effet été particulièrement importante
dans les rotations en 2006 pour des raisons agronomiques auxquelles se
sont ajoutées des raisons économiques liées au bas prix des céréales à
l’époque.
Toutefois, la part des légumes secs biologiques reste élevée. Elle représente 13,6% des surfaces nationales en légumes secs.
Surfaces fruitières en hausse
Les
surfaces fruitières en mode de production biologique représentaient 5%
des surfaces totales fruitières en 2007. Avec 9 649 ha, cette
production est en progression de 5% par rapport à 2006 en agriculture
biologique, dans un contexte de baisse de la production nationale de
fruits (-1,3%).
La première région de production de fruits biologiques est Rhône-Alpes
(2276 ha certifiés, en progression de 6%), suivie de
Provence-Alpes-Côte d’Azur (1304 ha, +3%), Languedoc-Roussillon (1186
ha, +3%) et Aquitaine (1139 ha, -1%).
Grandes cultures : légère reprise des céréales des céréales
Les
surfaces en céréales en mode de production biologique ont augmenté de
2% en 2007, dans un contexte de stagnation des surfaces céréalières
nationales. Les principales régions productrices de céréales certifiées
sont les Pays de la Loire avec plus de 11 000 ha (en augmentation de
3%) et Midi-Pyrénées (10 750 ha, en augmentation de 4% par rapport à
2006).
En revanche, les surfaces en oléagineux certifiées ont fortement baissé
en 2007 (-18%) dans un contexte d’augmentation des surfaces nationales
(+3%). En mode de production biologique, la baisse a essentiellement
concerné les surfaces de soja (-29% pour atteindre 5 159 ha en 2007)
tandis que les surfaces en colza augmentaient de 39% (1604 ha en 2007).
La principale région productrice est Midi-Pyrénées avec 5373 ha, soit
1/3 des surfaces certifiées en France.
La culture de protéagineux a baissé en 2007 : -14% de surfaces en mode
de production biologique, mais en bien moindre proportion que
l’ensemble des surfaces françaises (-32%). Il s’en suit que la place
des protéagineux bio a augmenté dans la part nationale, passant de 3,4%
à 4,3%. Parmi les principales régions productrices, la baisse est plus
importante en Pays de la Loire (-31%) et Centre (-12%) et un peu
moindre en Midi-Pyrénées (-8%).
Très fort développement des plantes à parfum, aromatiques et médicinales
La
progression des surfaces en plantes à parfum, aromatiques et
médicinales est très forte en 2007 (+28%), avec de nombreux nouveaux
producteurs et des coopératives qui passent au bio.
La demande est très forte en raison notamment du développement des
cosmétiques et de l’aromathérapie biologiques. Les conversions sont
nombreuses dans la Drôme et dans les Alpes de Haute Provence. Les
principales plantes produites restent la lavande et le lavandin.
Stabilité des surfaces consacrées à l’élevage
En
2007, les surfaces toujours en herbe certifiées ont légèrement diminué
(-1,3%) tandis que les prairies temporaires et cultures fourragères
augmentaient de 3,6%. Au total, près de 344 000 hectares étaient en
mode de production biologique, soit près de 3% des surfaces fourragères
nationales.
Le cheptel bovin a très légèrement baissé, mais une meilleure
valorisation des cheptels existants est observée en raison d’un effort
de structuration des filières.
Les deux premières régions d’élevage de vaches allaitantes bio ont des
évolutions inverses : +3% en Pays de la Loire (11 094 vaches
allaitantes en 2007), mais -5% en Auvergne (6 823 vaches allaitantes).
Même développement contrasté dans les régions de production laitière :
+4% du cheptel en Pays de la Loire (12 781 vaches laitières bio en
2007), +2% en Bretagne (11 517 vaches laitières), +1% en
Basse-Normandie (8 545 vaches laitières), mais -5% en Franche-Comté (6
238 vaches laitières).
Le nombre de brebis biologiques n’a pas varié en 2007, avec cependant
une diminution du cheptel de brebis viande (-6%) et une augmentation du
nombre de brebis lait (+11%). La production de viande ovine bio est
marquée par une stagnation du cheptel mais une augmentation des animaux
valorisés en bio. Les ovins bio représentait en 2007, 2,2% du cheptel
ovin national
L’élevage porcin biologique a connu une forte augmentation en 2007 avec
une hausse de 17% du nombre de truies reproductrices certifiées, dans
un contexte de baisse de la production porcine nationale (-4% des
effectifs).
La progression se retrouve dans la plupart des principales régions
productrices : +8% en Pays de la Loire (1429 truies certifiées en
2007), +13% en Bretagne (728 truies), +7% dans le Centre (475 truies).
Par contre, une baisse est enregistrée dans le Limousin (3ème région
productrice
avec 478 truies certifiées en 2007).
Les poules pondeuses comme les poulets biologiques représentaient 4% de la production nationale.
Le nombre de poulets de chair et de poules pondeuses certifiés a
augmenté de 1% en 2007 par rapport à 2006. Toutefois, l’augmentation du
nombre de poulets abattus et commercialisés est plus forte.
Evolution du nombre et des surfaces des exploitations biologiques depuis 1995
Crédit :
Agence BIO
transformateurs et distributeurs bio