Le 16 mars, 400 tonnes de fioul se sont échappées de la raffinerie Total de Donges (Loire-Atlantique). Selon une première estimation de Total, quelque 300 tonnes auraient été retenues sur la berge de la raffinerie et environ 100 tonnes rejetées dans l'estuaire.
"On pense que tout ou presque est parti dans l'estuaire, ils (Total, NDLR) ne s'en sont pas rendu compte, ils n'ont dû récupérer sur leur berge que 50 tonnes environ", a estimé mardi Guy Bourlès, membre de la Ligue de protection des oiseaux.
Selon des écologistes, quelque 250 à 300 oiseaux ont été retrouvés souillés ou morts au large de l'île de Ré et dans les environs où les boulettes de fioul ont dérivé. Et "pour +coller+ 300 oiseaux, il faut plusieurs centaines de tonnes de fioul!", a souligné M. Bourlès.
Cette pollution a été qualifiée dès le 17 mars de "grave" par le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo en raison de la nature du lieu souillé, une zone sensible classée Natura 2000. Elle a mobilisé plusieurs centaines de personnes quotidiennement pour le nettoyage. Ils étaient ainsi plus de 650 sur les sites souillés mardi.
La totalité des frais de dépollution est payée par Total qui en a estimé le coût à au moins 10 millions d'euros.
Elle va durer "plusieurs mois", prévoit Guy Bourlès. Selon lui, la dépollution totale des sites, notamment grâce au lessivage de la mer, se fera "en deux à trois ans".
L'équivalent d'environ 300 tonnes de fioul ont été récupérés en fin de semaine dernière par les équipes de nettoyage, mais il restait encore mardi des quantités importantes de pollution visibles le long de l'estuaire.
A Paimboeuf, commune la plus touchée car située en face de la raffinerie, le maire Michel Bahurel a estimé mardi que "65%" seulement des zones touchées sur le périmètre de sa commune avaient été dépolluées.