La superficie concernée atteint 414 kilomètres carrés sur le plateau Wilkins, montrent les images satellite rassemblées par le Centre national de la neige et de la glace de l'Université du Colorado. Le plateau Wilkins est une vaste banquise qui s'étend sur 13.000 km2 au sud-ouest de la péninsule antarctique, région la plus au nord du continent, à environ 1.600 km de la pointe sud de l'Amérique du Sud.
"Bloc par bloc, la glace dégringole et s'émiette dans l'océan", a déclaré l'un des chercheurs, Ted Scambos, interrogé par téléphone. "Le plateau n'est pas seulement en train de se fissurer avec quelques morceaux qui se détachent, mais il se disloque complètement. On ne voit pas très souvent ce genre de phénomène."
"Le réchauffement en cours sur la péninsule est clairement lié à
l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre et au changement
qui se produit dans la circulation atmosphérique autour de
l'Antarctique", a ajouté le scientifique. La superficie de la banquise a diminué dans des proportions records en septembre 2005, à la fin de l'été boréal.
Selon le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), les températures de l'Arctique augmentent actuellement plus rapidement que sur la majeure partie du reste de la planète. A Bruxelles, Rajendra Pachauri président du Groupement intergouvernemental sur l'évolution du climat, et co-lauréat du prix Nobel de la paix avec Al Gore, s'est dit préoccupé ce mercredi.
"Dans notre rapport de synthèse, nous avons clairement mentionné la possiblité de changements irréversibles, comme l'effondrement de larges pans de glace ce qui pourrait avoir comme résultat une augmentation du niveau de la mer de plusieurs mètres. J'espère que cela ne se reproduira pas mais c'est une possibilité dont nous devons être conscients."