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Ecologie Nouvelle Caledonie

Cachez ce déchet que je ne saurais voir

Voici un article que j'ai écrit paru dans reflexion où l'on apprend qu'on ne peut vendre des dechets car s'il sont utiles, ce ne sont plus des déchets...

 

A vendre : déchets

La définition d’un déchet est donnée par l’article L. 541-1 du Code de l’environnement : « Est un déchet tout résidu d’un processus de production, de transformation ou d’utilisation, toute substance, matériau, produit ou plus généralement tout bien meuble abandonné ou que son détenteur destine à l’abandon ». «Est réputé abandon tout acte tendant, sous le couvert d'une cession à titre gratuit ou onéreux, à soustraire son auteur aux prescriptions législatives et réglementaires.» Article L 541-3 du Code de l’environnement

 

L'Union européenne en donne une définition similaire : « toute substance ou tout objet [...], dont le détenteur se défait ou dont il a l'intention ou l'obligation de se défaire » (Directive du 5 avril 2006 relative aux déchets).

Ces définitions sont totalement subjectifs puisqu'elles dépendent de l'intention du détenteur de se défaire de l'objet. Peu importe que l'objet ait une valeur économique, soit dangereux pour l'environnement ou soit encore utilisable tel quel.

Ainsi, une bouteille de Coca cola vide peut être un déchet que l'on jette d'un avion et devenir une formidable épopée comme dans le film « les dieux sont tombés sur la tête ».

Vous vendez votre maison ?
Alors, c'est un déchet puisque vous voulez vous en défaire...

 


Le concept de déchets est donc un fait social mais aussi culturel, puisque de nombreux artistes travaillent à partir de déchets comme César...

Les déchets inspirent aussi la littérature comme par exemple l'américain Stephen dixon (« ordure ») qui écrit que les américains ont des ordures et les mexicains des vestiges.


Le déchet n'est pas un problème contemporain

C'est devenu un soucis avec l'apparition des grandes villes. Les déchets, pour la plupart organique, pouvaient déclencher des épidémies (c'est ce qu'on appelait les « pestes »). Alors, que faire des déchets issues des fosses d'aisance, des étals de bouchers ou des déjections de nombreux animaux dans une ville d'un million d'habitant comme Rome à l'époque d'Auguste ?

On inventa les égouts et les services de voirie qui contribuèrent à maintenir une certaine salubrité de la ville.

Vers le 17ème siècle, on commence à parler de pollution de l'eau et de l'air. On appelle cela de la corruption...


Un sujet sensible

La police suit les activités de récupération de près que ce soit pour des raisons d'hygiène ou d'ordre public en général.

En effet, les professionnels de la récupération ont mauvaise réputation : ils sont louches et difficilement contrôlables. Ainsi, en 1749 les récupérateurs doivent porter une médaille et aujourd'hui encore, les brocanteurs y sont soumis ainsi qu'à la tenue d'un registre de police. Les récupérateurs de vieilles voitures sont toujours étroitement surveillés pour éviter le trafic de voitures dans les pays du tiers monde...

Et puis, pour éliminer les déchets, il faut des centres de traitements. Les villes s'agrandissants, les terrains devenant de plus en plus précieux, les problèmes de collecte, de transport et surtout l'entreposage des déchets deviennent important.

Des manifestations se créent contre l'implantation d'une décharge ou d'un centre d'enfouissement de déchets radio-actifs. C'est ce que les anglophones appellent l'effet NIMBY (Not in My Back Yard, pas dans mon jardin).


Changer de point de vue

Comme pour résoudre la plupart des problème, la solution vient souvent d'un changement de cadre, ou de point de vue.

Pour illustrer cela, prenons l'exemple des déchets que tout être vivants produit : ses déjections.

Ce sujet est encore tabou dans notre société. S'il en parle, une personne est souvent considéré comme étant resté au stade anal, troisième phase de l'évolution affective du bébé humain, qui se joue de 1 à 3 ans, ou comme un provocateur.

La possessivité est l'un des aspects dominants du stade anal. Ce que l'on peut comparer avec notre culture consumériste...

Dès le plus jeune âge, l'enfant apprend à se méfier de ses déjections, car elles sont porteuses de maladies, elles sont « sales » et « sentent mauvais ». Cette notion de saleté et le sentiment de dégoût, fait que l'enfant assimile ses rejets à un plaisir défendu, à l'interdit.

L'homme de notre culture, fait disparaître rapidement ses déjections dans des endroits aseptisés - souvent blanc, couleur de la pureté- dans un tourbillon d'eau potable, caché par du papier « toilette », sans un regard.

Alors, comment avoir une vision pragmatique de la gestion des excréments après une telle éducation ?

Et pourtant, les déjections pourraient servir à enrichir la terre en utilisant par exemple les toilettes sèches... Les déjections riches en azote, sont irremplaçable pour reconduire dans les terres la biomasse végétale riche en carbone pour la formation de l’humus. Or, avec les toilettes classique « à eau », cet azote se transforme en nitrate qui pollue les eaux.

L'urinothérapie vous dégouttera sûrement : cette thérapie consistant à boire son urine est portant utilisée par deux millions de japonais et cinq millions d'allemands. Vous avez peut être même déjà consommé des extrait d'urine comme l’urokinase, une enzyme utilisée pour dissoudre les thromboses artérielles, ou encore la gonadotrophine (une hormone utilisée dans le traitement de la stérilité, mais aussi des retards pubertaires ou de l’acné).


Un marché économique

Ainsi, les déchets ne doivent plus être considéré comme destiné à l'abandon, que l'on doit se défaire, mais comme une opportunité.

Ce changement de paradigme est en train de ce faire dans le monde. Il n'y a qu'à voir le film d'Al Gore ou celui des Simpson...

Ici aussi, en Nouvelle Calédonie on passe des « dépotoirs » aux « centres d'enfouissement technique ». Des filières de traitement des déchets sont en train d'être mis en place. Des sociétés se développent sur ce marché prometteur puisque selon l'IFEN, en 2004, les acteurs économiques français ont dépensé plus de 11 milliards d'euros pour la gestion des déchets.


Les déchets ne sont pas une fatalité

Nous produisons de plus en plus de déchets et nous en sommes responsable. Pour éviter cela, il suffit de changer de tout petits gestes quotidiens.

Par exemple, refuser le sac plastique donné systématiquement pour l'achat d'une boite de médicament dans les pharmacies (il ne vous guérira pas), acheter des produits en vrac ou à la coupe, privilégier les produits locaux, utiliser des sacs réutilisables, avoir une poubelle de voiture, choisir une voiture qui pollue moins...

 

Soyez créatif !
Ainsi, lorsque je vais me promener,
j'ai souvent un sac plastique qui me sert à ramasser les emballages qui traînent...

 


Sources : Cahiers de l'espace europe n°3 - La gestion des déchets - Septembre 1993, Wikipédia, ADEME, IFEN


Image : Tim Noble et Sue Webster, « Dirty White Trash [With Gulls] », 1998 | Six mois d'ordure des artistes