transport aérien : nous allons dans le mur

Certes, je n’ai pas été dupe de la sincérité des candidats aux présidentielles qui se précipitaient la main sur le cœur chez Nicolas Hulot signer son pacte écologique. Certes, je n’ai pas été dupe de la réelle mise en œuvre des conclusions du Grenelle de l'Environnement (le gel de la construction des aéroports en faisait partie).

Mais cette unanimité, à gauche comme à droite, pose sérieusement problème.
Car l'avion est, de loin, le mode de transport le plus gros émetteur de CO2 par km/voyageur transporté. Et pour réduire nos émissions de CO2, il faudra mettre fin à cette croissance incessante du trafic aérien, et pour cela limiter l'offre de transport et donc le nombre d'aéroports. Le coût estimé du projet (580 Millions d'Euros) constitue un gaspillage d'argent public, pour un mauvais coup porté à la lutte contre le déréglement climatique.

Il en est de même pour l'extension toute récente de l'aérogare de Brest Guipavas (52 M €), financée en partie par le Conseil Général. Les experts du Groupement Intergouvernemental pour l'Etude du Climat (GIEC), qui ont reçu le prix Nobel conjointement avec Al Gore, sont formels : si nous ne réduisons pas fortement nos émissions de gaz à effet de serre très vite, la température moyenne de notre planète augmentera fortement (de plus de deux degrés) avec des conséquences dramatiques pour des centaines de millions de personnes dans les pays du Sud, avec un impact important sur la biodiversité, sur notre économie et donc sur nos conditions de vie ici aussi. Cet impact sera encore plus durement ressenti par les plus fragiles et les plus précaires d’entre nous.

Les élus nous annoncent, pour faire bonne figure, que le nouvel aéroport sera desservi par un tram-train. Les parkings seront-ils réduits au minimum ? Pourquoi ce genre de desserte n’a pas été réalisé à Guipavas en même temps que l’extension de l’aérogare ? 1,2 Millions de passagers par an, c’est 3300 personnes qui partent ou qui arrivent chaque jour…

Nous devons changer nos habitudes et réduire notre consommation d'énergie à tous les niveaux. Cela concerne les entreprises, les collectivités,  les citoyen(ne)s. Un autre mode de développement est possible, plus économe en énergie.

Bien vivre ne rime pas avec surconsommation.

Nous pouvons toutes et tous agir à notre niveau. Comment ?

Privilégier les déplacements à pied, en vélo, en bus, en train dès que c'est possible.

Et si toutes les personnes qui voyagent en avion décident de diviser par deux leur nombre de déplacements par ce mode de transport, il ne sera plus nécessaire de construire de nouveaux aéroports.

Il ne s'agit pas de se priver de la découverte du monde, mais de réduire notre consommation pour tenir compte des signaux que nous envoie "notre bonne vieille terre".

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