Environnement - condition animale
 * Les sâddhus viennent au secours des dauphins
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Source Hindustan Times des 3 juillet 2007 et 18 novembre 2008.
"Les Sâdhus ne font pas que délivrer des sermons ou rester perdus en méditation. A Bijnor, certains d'entre eux sauvent aussi les dauphins.
"Le WWF s'est tourné vers les Sâdhus dans le cadre des efforts qu'il mène pour conserver le dauphin de rivière (Platanista Gangetica or Ganga) - une espèce en danger, protégée par l'Indian Wildlife Protection Act - dans une étendue de 165 km du Haut-Gange, entre Bijnor et Narora.
Sâdhu - Népal 2007 - photo : Jean-Marie Hullot
"Les Sâdhus citent une référence au dauphin dans le Ramayana de Vilmiki, où il est appelé "la vache du gange" (...) ils citent un vers du Bal Khand, le premier chapitre du texte épique, dont la traduction anglaise serait à peu près : "Le Gange, quand il s'est répandu sur la terre, a apporté avec lui les tortues, les crocodiles et les dauphins".
"Un étudiant du Veda de Karnvas, le sâdhu Akhilesh Kumar, déclare : "Pour nous, les dauphins sont les vaches du Gange. NOus devons les protéger. Sâdhu Radheyshyam de l'Ashram Brighu Rishi à Beria a ajouté : "Nous voulons que les gens viennent et aident à la conservation du "Puspukata" (c'est ainsi que le dauphin est appelé en Sanskrit).
"Faire appel aux sâdhus était la trouvaille de Sandeep Behra, cadre-coordinateur du WWF-India. Lors d'un grand rassemblement de sadhus à Narora en 2000, Behra s'est approché des plus importants d'entre eux et les a convaincus de se joindre à lui pour sauver les dauphins (...)
"Avec l'aide du WWF, les sâdhus ont tenu des réunions dans le village et au niveau du Taluka (division administrative en urdu, ndla) "En faisant référence au dauphin comme vache de la rivière, ils ont éveillé le sentiment religieux des habitants" (...)Â
* Des responsables religieux font leur possible pour sauver les dauphins d'eau douce (Inde)
Source : The Times of India du 17-11-2008
"Narora : des responsables religieux et des habitants de cette ville tranquille font de leur mieux pou sauver le dauphin du Gange, une espèce menacée. Leurs efforts portent des fruits alors que dans la portion du Haut-Gange, située entre Bijnor et Narora, le nombre d'espèces menacées augmente.
"En 1993-1994, le nombre des dauphins (Platanista gangetica) dans cette partie du fleuve n'était plus que de vingt unités. Mais, grâce à l'intervention de la communauté locale et avec l'aide des experts du WWF, le nombre a doublé, passant ainsi à quarante indivdus (les jeunes inclus).
Dauphin de Chine dont l'espèce a été déclarée "éteinte" en 2007 - Image Alessandro Marucci
"Pour Sandeep Behera, coordinateur du programme "eau douce" du WWF, ces efforts constituent un excellent exemple de participation de la communauté à la préservation des espèces aquatiques.
"Les habitants ont mis en place une usine de traitement des eaux usées pour s'assurer que celles-ci ne polluent pas le fleuve et, par conséquent, élimine les dauphins, déclare Behera.
"Au moins 85 familles du village utilisent cette usine de traitement. Nous allons bientôt installer une autre usine de ce type, encore une fois sans le concours du gouvernement", ajoute Himanshu Sharma, un jeune habitant de vingt-cinq ans, volontaire auprès du WWF.
"La pêche, comme les activités minières, sont interdites. En fait, les agriculteurs ont cessé d'utiliser des intrants chimiques de synthèse et emploient à la place des engrais respectueux de l'environnement sur les terres arables, proches des berges du fleuve, déclare Sharma (...). (Traduction : Laurent Dingli).
Les dauphins d'eau douce sont des espèces particulièrement menacées en raison de la surpêche, de la pollution, et du traffic fluvial qui perturbe leur système d'écholocation. En août 2007, le dauphin de Chine (Lipotes vexillifer) a été officiellement déclaré espèce éteinte par l'Académie chinoise des sciences (voir le dossier de Dinosoria sur les dauphins d'eau douce).
* Six tigres sont morts en seulement deux mois (Inde)
Source : The Times of India du 17-11-2008
"New-Delhi. Les tigres d'Inde continuent de mourir. Au cours des dix dernières semaines, dix tigres supplémentaires ont péri à cause du braconnage, d'électrocution, d'accident ou de causes naturelles.
"Pendant la même période, la police et les responsables de la forêt ont aussi saisi quatre peaux et dix-huit griffes du grand félin, selon les données collectées par une association consacrée à la faune sauvage (...)
Tigre du Bengale - crédit Ucumari
"Le dernier recensement fait état de 1411 tigres vivants, comparés au 3508 de 1997, une chute vertigineuse de 60%. Avec un nombre si faible, nous ne pouvons pas nous permettre d'en abandonner autant aux criminels, déclare Belinda Wright de la Wildlife Protection Society of India (...)
Peu de nouvelles me rendent aussi tristes que la disparition de ce majestueux animal auquel j'ai déjà consacré un article. Mais je ne veux pas perdre espoir et imaginer un monde où il n'existerait plus.
Divers International
* Les talibans menacent Paris
 Source : le JDD.fr - Mardi 18 novembre 2008
"Dans une vidéo diffusée par la chaîne Al Arabia, des rebelles islamistes revendiquent l'embuscade qui a coûté la mort à dix soldats français en Afghanistan, en août. Pour preuve, certains insurgés brandissent devant la caméra les pièces d'identité de deux soldats tués. Et leur message est clair: ou Paris retire ses troupes, ou il peut s'attendre à de nouveaux attentats".
On peut interpréter cette menace des Talibans à la lumière des récentes élections américaines, c'est-à -dire du redéploiement annoncé des forces US et alliées en l'Afghanistan. Nous savons en effet que la France a toujours eu une position très claire à ce sujet. Cette annonce du groupe taliban s'inscrit dans la guerre psychologique et vise essentiellement les opinions publiques occidentales, très sensibles à toute extension des conflits et susceptibles de se retourner en fonction des pertes humaines occasionnées sur le terrain. (Sur les déclaration du chef Taliban Farouk, voir l'article de Jacques Follorou sur le site du Monde.fr).
* Iran : l'ennemi nous envahit par internet
Source : La Stampa (Italie) du 18 novembre 2008
"Théhéran. Cinq millions de sites internet sont censurés en Iran. C'est ce qu'a déclaré aujourd'hui un responsable de l'appareil judiciaire, affirmant que "l'ennemi abuse du Réseau pour essayer d'envahir l'identité religieuse de la République islamique" (...) La plupart des sites filtrés, a expliqué Khorramabadi, diffusent un matériau immoral et antisocial". Depuis l'an 2000, une centaine de journaux et de revues réformistes et pro-démocratiques ont été censurés par les autorités de Téhéran (...)" (traduction : Laurent Dingli)
Femmes afghanes en burqa - photo Steve Evans
Que le régime des mollahs tente de censurer internet après avoir bâillonné la presse écrite ou la télévision par satellite n'a rien d'étonnant. En revanche, il est plus intéressant de se demander quelle efficacité aura cette politique de surveillance. Les tentatives similaires effectuées par la Chine n'ont été que très partiellement couronnées de succès. Et, si des opposants ont dû payer le prix fort pour avoir trop bien compris le parti qu'ils pouvaient tirer des nouvelles technologies, si la Birmanie s'est rendue bien plus hermétique encore, il n'existe pas de cloison véritablement étanche dans ce domaine. Un dossier à suivre.
Voir sur ce thème l'article du Jerusalem Post concernant l'arrestation d'un blogueur iranien, Hossein Derakhshan, accusé d'être un espion d'Israël.
* Les Chinois en République démocratique du Congo
Source : La prospérité (République démocratique du Congo) 18 novembre 2008
"On se demandait par où seraient passés les chinois venus au Congo dans le cadre de 5 chantiers du Président Kabila ? Ils bossent sérieusement, loin de la guerre imposée à l’Est. Il y a deux jours, Pierre Lumbi, ministre des ITP, a assisté au dynamitage d’une montagne de pierres à Ngudiabata, territoire de Kasangulu au Bas-Congo. Ce qui annonce le démarrage imminent de grands travaux à Kinshasa et dans l’hinterland
"Pierre Lumbi Okondo, ministre des Infrastructures et Tavaux Publics, a marché sous un soleil de plomb au Bas-Congo, dimanche 16 novembre 2008, pour procéder au lancement des opérations de dynamitage à la carrière chinoise de Ngudiabata, Groupement situé dans le Territoire de Kasangulu. C’est l’entreprise Crec qui exploite cette carrière de pierres. L’une des raisons principales pour lesquelles les travaux de reconstruction des routes n’ont pas encore pris la vitesse de croisière a été que les caillasses, le ciment et autres matériels de construction faisaient défaut. Avec la mise en service de la carrière de Ngudiabata, un pas de géant vient d’être franchi dans la direction de la modernisation de la ville de Kinshasa. Ngudiabata se trouve à quelque 100 Km de Kinshasa. Les chinois ont érigé, en pleine brousse, un site moderne. Après des rites traditionnels, les chinois ont lancé des explosifs contre la monstrueuse montagne de pierres (...)
"(le ministre) a salué le partenariat économique avec la Chine. Une coopération entre les peuples. « La Chine vient nous appuyer pour redresser, reconstruire notre pays. Elle nous apporte ce qu’elle a de meilleur comme ingénieurs, ouvriers et intelligences (...)
"A tous ceux qui reprochent aux chinois de s’adonner au petit commerce, le ministre a donné des précisions comme quoi les chinois qui sont dans le commerce ne sont pas ceux qui travaillent jours et nuits pour la reconstruction du pays, dans le cadre de 5 chantiers. « Et en quoi les chinois qui sont venus faire le commerce sont-ils différents des pakistanais, libanais et indiens ? ». Lumbi a exigé que le personnel chinois soit sécurisé. La sécurité n’ayant pas de couleur politique, ni de couleur de la peau".Â
Cet article est intéressant à divers titres ; non seulement parce qu'il illustre la contribution chinoise au développement économique de l'Afrique, mais aussi parce qu'il fait référence aux tensions existant entre la population locale et les émigrés chinois. Nous savons que le problème n'est pas propre au Congo-Kinshasa et concerne tous les pays du continent où l'implantation chinoise est significative : racisme anti-chinois et assassinats, révolte contre l'exploitation des ressources voire même le pillage pur et simple, comme en Angola dont la population accuse les navires-usines chinois ou coréens de ratisser les fonds marins. A noter - et c'est un signe des temps - que le racisme ne concerne plus seulement des Occidentaux, que ce soit en tant que promoteurs ou que victimes. Des émeutes de commerçants ont déjà éclaté au Sénégal et au Cameroun pour protester contre la concurrence chinoise. On se souvient en outre que plusieurs ressortissants chinois ont été récemment exécutés au Soudan où la xénophobie et le racisme ne cessent de croître selon certains observateurs (Sur ce thème, voir notamment l'interview de Serge Michel, auteur de "Chinafrique" sur le site de 20 minutes.fr. A noter encore que lors d'une rencontre avec un représentant de l'ONU, le chef des forces rebelles, Laurent Nkunda a demandé que son pays revoit les contrats avec la Chine, ce qui a aussitôt inquiété Pékin : cf. Xinhua.net).
Environnement - économie - Social
* Travailleurs handicapés : un patron se met au service de ses employés
Source France 2 - JT du 17 novembre 2008 - 13h - Présentation Elise Lucet - Reportage Yves Junqua et Vincent Barral
"C’est la semaine pour l’emploi des personnes handicapées et, en ces temps de crise, beaucoup redoutent qu’elles soient doublement touchées par le chômage. Il y a pourtant dans ce domaine des patrons exemplaires. C’est le cas de ce jeune dirigeant d’une entreprise de nettoyage, installée à Lille. Il a décidé d’adapter les machines aux hommes plutôt que d’exiger l’inverse..
"Une entreprise pas vraiment comme les autres. Il y a quelques mois, Marie-Chantal Savigny souffre tellement du dos qu’elle est contrainte de s’arrêter de travailler. Au lieu de la licencier pour inaptitude, l’entreprise investit dans une machine spécialement adaptée à son handicap, du coup, Marie-Chantal a conservé son emploi (…) La machine a coûté 13 000 euros, le double d’une machine classique, un investissement pas rentable dans l’immédiat, mais pour Yann Orpin, le patron, si l’on veut favoriser l’emploi de travailleurs handicapés, il faut savoir dépenser. Pour employer trois employés malentendants, toute la direction a appris la langue des signes et, pour ce jeune patron, le jeu en vaut la chandelle : « on recherche des gens qui ont une vraie « valeur travail » aujourd’hui dans l’entreprise et qui, contrairement à ce que l’on pourrait croire, sont plus performants que les autres, parce qu’ils ont cette volonté en plus (…)
"Si 15% des salariés de l’entreprise sont handicapés, d’autres comme Dominique Dutilly ont un profil atypique : ex-chômeur de longue durée, surendetté. Pour reprendre un travail, Dominique avait besoin d’un scooter, un « booster » comme il l’appelle, et d’un logement. L’entreprise a monté des dossiers et lui obtenu un prêt et un appartement (…)
"Responsable envers ses employés, Yann Orpin est aussi respectueux de l’environnement : lier la responsabilité sociale et environnementale à l’efficacité économique : une démarche réaliste pour ce jeune patron (…) Avec 15% de croissance du chiffre d’affaires l’an dernier, l’entreprise se porte bien. Dix recrutements sont prévus cette année »
Extraordinaire exemple de ce que peut produire la volonté d'un entrepreneur lorsqu'elle se conjugue à l'esprit de solidarité. Ici, pas d'angélisme, de postures idéologiques et de déclamations inutiles, mais le respect des hommes et de l'environnement associé au souci légitime du développement économique. Un modèle pour l'avenir.
* Industrie automobile : les Etats-Unis divisés sur le remède
Source :  Libération.fr du 18 novembre 2008
"Si les démocrates, Barack Obama en tête, désirent adopter un plan financier d'aide pour ce secteur touché de plein fouet par la crise, les élus républicains ne veulent rien entendre. La réunion du Congrès, à partir d'aujourd'hui, sera cruciale.
"Les Etats-Unis doivent-il aider leur industrie automobile, en très grande difficulté? C'est le débat qui anime depuis quelques jours avec énormément de passion les élus américains, de Barack Obama à la Chambre des représentants, face à un secteur qui, après avoir encaissé les prix records du pétrole brut, est plombé par l'assèchement du crédit et l'amorce d'une récession économique (...)"
Gestion de profit à court terme, mépris absolu des réalités énergétiques, sociales et environnementales - la crise très grave que connaît l'industrie automobile américaine est l'illustration parfaite de tout ce qu'il faut éviter en matière d'organisation économique. Si la crise est moins virulente en Europe, en raison du prix bien plus élevé de l'essence à la pompe et de l'existence traditionnelle d'un marché de petites voitures peu consomatrices en énergie, la tendance est toutefois similaire. Les raisons de la contraction du marché automobile sont complexes (reflux du crédit, coût de production, variété de la gamme, etc.), mais l'absence d'anticipation concernant la hausse du prix des matières premières d'origine fossile se fait aujourd'hui cruellement sentir. La France a toujours été satisfaite de produire des véhicules parmi les moins émetteurs en CO2 (notamment par l'utilisation massive du diesel). Elle n'a donc pas cherché à créer des modèles de substitution (hybride, électrique, etc) ni à développer la recherche en matière d'énergie renouvelable. En outre, le désintérêt affiché par les grandes entreprises automobiles pour les questions d'environnement et de santé publique n'a pas permis d'étudier suffisamment les danger que le diesel représente pour la santé en raison de l'émission de nanoparticules.
Sur le plan social, la faillite du constructeur Ford entraînerait à elle seule la suppression de 75 000 emplois direct ou indiretcs, selon le Wall Street Journal.
* « Jetons les bases d’un Bretton Woods du carbone ! »
Source : l'Expansion.com du 17 novembre 2008 - propos recueillis par Nicolas Marichez
"Pour Patrice Hernu, administrateur de l’Insee, une réforme financière mondiale n’empêchera pas la résurgence de crises encore plus profondes. Il en appelle à une refonte globale du système monétaire qui prenne en compte les aspects énergétique et climatique.
(...) Que préconisez-vous ?
"La première chose à faire est de coordonner les futures discussions monétaires et financières avec l’agenda de l’après Kyoto. Et le carbone doit être le point central de ce rapprochement (...) Une des voies possibles est d’intégrer la valeur du carbone dans les devises. Ainsi, plus un pays s’abstient d’exploiter son carbone, plus sa monnaie s’apprécie et plus la confiance des investisseurs augmente » ! (...)"
Voici, en quelque sorte, l'antithèse de l'exemple précédent, puisque l'intervenant s'efforce d'avoir une vision globale de la crise actuelle. N'imaginons pas, cependant, que l'intégration du facteur "carbone" dans le jeu du marché constituera une solution miracle. C'est un moyen parmi d'autres visant à  anticiper la crise énergétique tout en luttant contre les émissions de gaz à effet de serre.
* Baisse de fertilité masculine et plan d'économies énergétiques
Il y a encore bien des sujets d'actualité que le temps ne me permet pas de traiter aujourd'hui comme ils le mériteraient. Un mot seulement sur deux d'entre eux. Tout d'abord, la baisse de fertilité masculine due à un certain nombre de substances chimiques - un sujet que nous, écologistes, connaissons depuis plus de dix ans, et dont nous comprenons difficilement qu'il n'ait pas été pris en compte plus tôt dans les politiques de santé publique. Deuxième sujet : le plan Borloo qui se révèle très ambitieux en matière d'énergie solaire, mais qui élude en grande partie le point crucial d'une économie orientée vers la taxation du carbone, comme le regrette amèrement Jean-Claude Jancovici dans une interview accordée au journal vingt minutes. J'ajoute sur ce thème, à propos du malus automobile, que si la France a eu le courage de l'établir et de l'annualiser, suivant les engagements du Grenelle, la faiblesse de son taux laisse pourtant sceptique. Pour les détenteurs de voitures très polluantes (plus de 250 grammes de CO2/km), les 160 euros de taxe annuelle ne correspondent, tout au plus, qu'à deux ou trois pleins d'essence à peine. La politique du bonus-malus, c'est-à -dire le principe d'une taxation du carbone - n'en reste pas moins positive puisque, rappelons-le, la vente de 4x4 a chuté en France depuis quelques mois. Ce succès n'indique-t-il pas la voie à suivre, c'est-à -dire la nécessité de généraliser le système comme le réclament les écologistes ? (avec la prudence qui s'impose en temps de crise). Lors de sa visite de l'unité de Saint-Gobain, à Vaujours (Seine-Saint-Denis), le président de la République à exprimé sa volonté de poursuivre dans ce sens. Enfin, pour en terminer sur les questions énergétiques, je reste toujours aussi critique à l'égard de la politique d'exportation nucléaire du chef de l'Etat, notamment en direction des pays méditerranéens : l'idée d'une compensation carbone des émissions européennes contre des installations d'énergies renouvelables au Maghreb, qui sera discutée à Alger, constitue à mes yeux un projet bien plus respectueux des hommes et de leur environnement.
Faits-divers
* La foule lynche deux voleurs présumés en Bolivie
Source : Excelsior.com (Mexique)
"La Paz. Au moins deux personnes ont été tuées et deux autres grièvement blessées par une foule qui les a attaqués avec sept autres voleurs présumés dans un village de l'altiplano bolivien, apprend-on de souce locale.
"Les habitants d'Achacachi, un village des Ponchos rouges ("Ponchos rojos"), des indigènes Aymara radicaux, proches du président Evo Morales, ont attrapé onze voleurs qu'ils suspectaient de préparer un vol au sein de la communauté (...)
"Les habitants de Acachachi ont traîné les voleurs présumés jusqu'au stade de football de la localité où ils les ont battus pendant des heures, les ont arrosés d'essence et les ont brûlés jusqu'à  achever deux d'entre eux (...) (traduction : Laurent Dingli)
Inutile sans doute d'épiloguer longuement sur ce drame qui illustre aussi bien la faiblesse du pouvoir central bolivien, l'extrême misère de la population indigène et la tradition de violence qui sévit depuis longtemps dans cette région. Un exemple parmi d'autres : L'année dernière, les "ponchos rouges" Aymara avaient décapité deux chiens dont ils avaient exposé les têtes en guise d'avertissement pour ceux qui mettraient en péril le gouvernement d'Evo Morales. Cet acte de cruauté et de bêtise infinies me fait songer à ces étudiants de Berkeley dont parle Romain Gary et qui voulaient immoler un chien par le feu afin de dénoncer la guerre du Vietnam. On jugera du caractère ancien de cette tradition de violence si l'on sait qu'en 1782 déjà , les Espagnols avaient envoyé dans l'un de ces villages Aymara le bras d'un de leur cacique, Tupac Katari, qu'ils avaient écartelé à titre d'exemple, pour maintenir les indigènes dans l'obéissance (Voir nowpublic.com et HNS-info Bolivie).
Politique française
* Ségolène Royal dénonce la constitution d'un "front" contre elle
Source : Le Monde.fr du 18 novembre 2008.
"Ségolène Royal a dénoncé, mardi 18 novembre, la constitution d'un "front" pour l'empêcher d'accéder à la direction du Parti socialiste. Interrogée sur France Inter, elle a reconnu qu'"effectivement ça se complique arithmétiquement". Le ralliement du maire de Paris, Bertrand Delanoë, à Martine Aubry pourrait faire basculer le vote des militants en faveur de la maire de Lille, jeudi et vendredi. Lors de la consultation du 6 novembre sur les motions au congrès de Reims, les textes de Martine Aubry et Bertrand Delanoë avaient en effet recueilli la moitié des suffrages à eux deux (25 % chacun), alors que Mme Royal, arrivée en tête, avait mobilisé 29 % des voix, et Benoît Hamon, représentant la gauche du parti, 18,5 % .
"L'ancienne candidate à l'Elysée en est persuadée, ses adversaires lui "reprochent d'être le symbole du changement". Elle a qualifié leur union de "symptôme d'une mutation difficile" du PS. "Ma conviction profonde, c'est que les militants sont en avance" sur bien des responsables du parti, a-t-elle ajouté, mais "ce n'est pas la première fois que le vote des militants n'est pas respecté" (...) "
Presque tous les observateurs de la vie politique française l'ont depuis longtemps constaté : Ségolène Royal est très à l'aise dans le rôle de victime qu'elle a toujours su parfaitement bien instrumentaliser - et l'on s'étonne parfois que ses adversaires, au sein du parti, feignent encore de l'ignorer ou, inversement, qu'ils réduisent son opposition à un simple calcul tactique. On peut encore ajouter après d'autres commentateurs, et comme je l'ai fait moi-même au printemps 2005, que tant que le positionnement au centre de cette mouvance du parti socialiste ne sera pas clairement assumé, c'est-à -dire tant qu'elle ne renoncera pas clairement à  toute alliance avec l'extrême gauche (parti communiste et NPA), le PS ne pourra pas sortir du marasme dans lequel il est depuis trop longtemps empétré. A titre purement personnel, je considère que l'élection de Martine Aubry constituerait une véritable régression pour le parti socialiste, même si les "Royalistes" n'incarnent pas totalement le changement. Faute de bénéficier d'une personnalité comme celle de Nicolas Sarkozy, la gauche démocratique doit absolument clarifier ces choix idéologiques. Dans ce cadre, le défi consiste bien moins à disserter indéfiniment sur une hypothétique alliance nationale avec le centre de François Bayrou - épouvantail facile pour les purs et durs du PS - que de rompre avec l'aile gauche (1).
(1) J'ajoute, en date du 22 novembre : La crise actuelle du PS peut être salutaire dans la mesure où elle contraint ses adhérents à opérer une scission claire entre un PS marqué à gauche, qui récupèrera sans doute une partie des voix du NPA, et un parti de gauche plus ouvert vers le centre qui, lui, récupèrera les voix de Bayrou. C'est, à mon avis, sur ce dernier point que réside la plus grande inconnue : qui, de Ségolène Royal ou de François Bayrou, parviendra à créer cette grande force de centre gauche (laquelle se séparera probablement du PS) ? En attendant des personnalités de la nouvelle génération, comme Manuel Valls, je reste dubitatif, mais à vrai dire je ne crois pas à l'avenir politique de Bayrou. D'après certains commentateurs de la vie politique, Mademoiselle Royal ne pourra pas se permettre de quitter le PS pour des raisons électorales et financières. Pourtant, je presiste à  penser que la rénovation passera par un clivage nettement affirmé entre "traditionnalistes" et "rénovateurs".
Pour toute référence à ce texte, merci de préciser : "Revue de presse du 18-11-2008", Le carnet de Laurent Dingli, novembre 2008.
Mardi 18 novembre 2008
Dernière mise à jour : Mercredi 19 novembre 2008.