l'écho des origines

 

Une nuit d’automne, pâle et fragile,

s’est inscrit en moi le dessein du monde.

Et depuis lors l’astre blanc qui vacille,

m’a prise dans son éternelle ronde. 

 

Au crépuscule apparait son sourire,

troublant mon repos de rêves brulants.

Je suis son œuvre, un écrin à ouvrir,

pour y germer les futurs impatients. 

A son paroxysme, le don manquant,

l’orbite pleine supplie, languissante.

Et sa complainte qui saisi mon flanc,

se fane assoiffée vers l’aube naissante. 

 

Le maintien fragile de l’existence,

ainsi sans relâche se perpétue.

En moi guettant la chétive imprudence,

qui nourrira l’audacieux venu. 

De cette étreinte folle et silencieuse,

un être libre s’émancipe en moi.

Me submergeant de forces vertueuses

et subsistant dans mon corps en émoi. 

 

Et lorsqu’enfin par une nuit d’été,

nos vies s’arrachent d’un cri unanime.

C’est toute la création qui se tait

et accueille l’écho des origines.

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