je suis sensible à votre

je suis sensible à votre réflexion, je n'ai pas le temps de commenter mais je vous envoie mon commentaire sur presque le meme sujet. bien cordialement, jacques janssens Le père (De la destruction des figures paternelles.) Nous sommes dans une société de consommation: s’approprier, consommer, jeter, et lorsqu’on nous parle de “société de communication”, nous devons bien admettre que la communication est elle même devenue un produit de consommation. Pour l’enfant au stade anal, l’important, c’est également de s’approprier, consommer, jeter. L’enfant à ce stade fait l’apprentissage de la nécessité de céder lorsqu’il fait face à ce qui lui résiste, il peut d’ailleurs, lorsque les choses lui résistent, entrer dans de violentes colères. Il ne peut, à ce stade de son développement, se poser la question de la causalité, ou de sa responsabilité, il a au contraire recours à la pensée magique, car pour compenser son sentiment d’impuissance, il attribue à sa pensée une influence sur le cours des évènements. C’est à une pareille régression anale, que l’homme occidental risque d’être réduit lorsqu’il est éduqué essentiellement comme étant un consommateur. L’homme et surtout le citadin, n’a plus à se préoccuper des causes, à s’inquiéter du temps, des semailles, du soin des cultures, des bêtes, il ne doit plus récolter, traire, tuer, résister aux intempéries, tout cela lui est épargné. Dans son travail il est souvent perdu dans une organisation complexe, où il a des difficultés à comprendre le sens de son intervention, de son rôle, son utilité, il est d’ailleurs très souvent déresponsabilisé, en tout cas sur le long terme. Chez lui, il appuie magiquement sur un bouton et sa télévision s’allume et l’abreuve d’informations, de films qui stimulent ses appétits de consommation anale, luxe, sexe, violence, sadisme, lui sont offerts entrecoupé de suggestions publicitaires à encore d’autres consommations, programmes qu’il ingurgite passivement, et quand il en est rassasié, il peut s’en débarrasse tout aussi magiquement en zappant. Tout lui est prêt, même sa nourriture lui est préparée, il n’a plus qu’à la mettre à chauffer dans son micro-onde. Piégé dans cette consommation, tout ce qui fait obstacle à la satisfaction infantile de ses désirs doit être détruit, digéré et réduit à déjection. Or la psychanalyse nous apprend que ce qui fait obstacle à cette toute-jouissance, c’est la figure du père, c’est à dire celui qui fait obstacle à la première des consommations, celle de la mère, par l’interdit de l’inceste sous toutes ses formes. L’état qui était perçu au moins en partie comme un père exigeant, demandant même à ses fils le sacrifice de leurs vies, est désormais vu d’avantage comme une mère qui devrait se dévouer sans limite, l’accent est mis sur ce qu’il doit offrir, sur ce qu’on peut exiger de lui, c’est à dire, qu’il permette de continuer à consommer, à être protégé, soigné, déresponsabilisé, et cela toujours magiquement, sans se poser la question des implications sociales, de la possibilité ou non, que ces exigences puissent être satisfaites. Les figures paternelles, c’est à dire, les personnalités qui sont perçues comme représentant l’autorité à laquelle il faut se soumettre, réellement ou symboliquement, sont dans ce mode de pensée anal, attaquées, mais pas de front, non elles sont sournoisement rejetées, on épie leurs faits et gestes pour leur trouver un défaut, une faiblesse, pour pouvoir les diminuer, les humilier, dans un processus de dégradation similaire à celui du transit intestinal qui par ses enzymes dégrade peu à peu la nourriture, et ce qui n’est pas « consommable » est réduit à un excrément. Nombre d’hommes politiques sont eux-mêmes pris dans ce cycle, ils ont peur d’être ainsi consommés, ils sont faibles. Pour éviter de perdre leurs propres avantages matériels et éviter de devoir affronter les exigences du temps, il caressent les électeurs dans le sens du poil, évitant de les heurter en les responsabilisant ; au contraire, il les séduisent, comme l’enfant qui n’a pas pu dépasser la séduction du père qu’il craint, lorsque, trop faible pour l’affronter, il est dans ce qu’on appelle l’homosexualité latente. Oui, déjà de nombreux hommes politique en sont restés à ce stade, séduisant les électeurs, dénigrant leurs opposants, ils sont eux aussi dans la pensée magique, niant les difficultés réelles, ils promettent des beaux jours, promesses qu’ils ne peuvent évidemment pas tenir, ce qu’ils nient, croyant inconsciemment (magiquement) que cette négation pourrait changer la réalité. Cette destruction des figures paternelles responsables conduit au pessimisme généralisé, pernicieux poison pour une société. Et les femmes me direz-vous, et bien, devant la faiblesse des hommes, elles sont souvent amenées à se substituer à eux, à se viriliser, pour compenser leurs faiblesses, il leur est alors difficile, voire impossible d’apporter cette part de féminité essentielle, qui fait que, égales aux hommes, elles en sont cependant différentes, usant différemment de leur force, de leur intelligence, de leur créativité, de leur affectivité et dont on pouvait espérer qu’elle viendrait à bout du sectarisme mâle. Alors soyons optimistes, pères, soyez fermes et bienveillants, exigeants, donnez à vos enfants de jouir avec fierté de ce qu’ils ont mérité, et ils vous respecteront, résistez, résistez à la consommation qui vous invite à démissionner de vos responsabilités de père en offrant à vos enfants ce qu’ils désirent au lieu de les laisser gagner ce qu’ils méritent, être bon père ce n’est pas obtenir un sourire ou un câlin de son enfant … consommateur. Être un homme politique ce n’est pas séduire ses électeurs, mais les servir, et c’est les servir que de les mettre devant la difficile réalité. N’ayez pas peur. Et pour finir voici une citation datant de 2400 ans : « Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent pas compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus au-dessus d'eux, l'autorité de rien ni de personne, alors c'est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie » Platon (la république)

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