La majorité UMP et la question des OGM

 Commentaire posté le 3 avril 2008 sur Grenellorama, le site de l'Alliance pour la planète

Je suis tout à fait d’accord avec ce que tu dis pour la non-présence des députés UMP (et autres) au Grenelle. Ils ont tellement eu peur, depuis octobre, d’être dessaisis de leurs prérogatives qu’ils font une obstruction d’arrière-garde. J’ai été assez choqué que les députés UMP n’aient même pas daigné assister à la projection du film de Marie-Monique Robin, “Le monde selon Monsanto”, comme si cela les engageait à quoi que ce soit et qu’ils allaient pactiser avec le diable ! Comme tu le rappelles, cela montre une nouvelle fois l’intérêt qu’il y a à se mettre ensemble autour d’une table, d’inventer une nouvelle gouvernance, et de ne pas suivre les positions intransigeantes des grincheux, qu’ils soient de droite ou de gauche. Chacun se renvoie l’accusation de lobbying à la figure comme si les requins de Monsanto (je m’excuse auprès des vrais requins) et les ONG qui tentent de préserver notre planète servaient les mêmes intérêts particuliers et purement comptables. Non, si en effet certaines associations sont très (trop ?) politisées, les mettre au niveau d’une entreprise à vocation commerciale relève de l’amalgame le plus grossier. La question est simple : l’état actuel de nos connaissances permet-il de garantir la liberté de produire sans OGM et notamment de respecter l‘agriculture biologique (en considérant bien entendu le cas des espèces transgéniques incriminées). La réponse est non. J’entendais l’autre jour, Patrick Ollier, qui avec Bernard Accoyer mériterait sans doute plus encore que Bernard Debré, le Monsanto d’Or décerné par Greenpeace, je l’entendais donc reprendre la ritournelle des pro-OGM et endosser l‘habit du bon Samaritain : il faudra bien nourrir 9 milliards de personnes, etc. Quelle plaisanterie ! On voit comment la propagande de Monsanto a infiltré les cervelles jusqu‘au sommet du parlement, aussi sûrement que leurs produits pourris infectent déjà les cultures et les assiettes à travers le monde (notamment par le biais de l‘alimentation du bétail). Et comment qualifier une société, un groupe de pression ou un parti, qui condamnent Kokopelli et favorisent Monsanto ? Ce dont notre planète a un cruel besoin ce n’est pas d’un peu plus d’uniformité, mais de diversité. Autre argument à la mode : c’est la faute des anti-OGM si la France a engrangé un retard dans le domaine de la recherche et si nous dépendons des Etats-Unis. La belle trouvaille que voilà ! C’est pousser un peu loin le cynisme et présenter comme une tare ce qui devrait faire au contraire l’objet d’un orgueil légitime. Heureusement que nous n’acceptons pas comme des niais, et sans examen préalable, toutes les camelotes qu’on veut nous refourguer pour des raisons purement financières, même si d‘habiles propagandistes essaient de faire passer leur avidité pour de la bienfaisance, même si les Ollier, les Debré, les Accoyer, ressassant comme de vilains perroquets sur le perchoir de l’Assemblée, tentent vainement de nous prouver que Big Brother Monsanto va lutter contre la faim dans le monde. Je ne suis pas contre la recherche, loin de là, mais je n’accepte pas qu’on utilise celle-ci comme un vulgaire alibi commercial. Peut-être certains OGM pourraient-il rendre des services à l‘humanité. Pour cela, il faudrait disposer d’études d’impact suffisamment nombreuses, d’une autorité véritablement indépendante, et non pas de plaidoyers commandités ou influencés par l’entreprise exploitante.

Je salue au passage l’indépendance d’esprit et le courage politique des parlementaires UMP Legrand et Grosdidier.


Pour le cas d’une dissémination suspect dans un champ bio voir la vidéo du JT de FRance 2 sur agoravox. Pour les réactions du sénateur UMP Legrand et du député Grosdidier, voir l'article de Libération du 1er avril, "Un député UMP à l'assaut des OGM" et l'entretien du Monde daté du même jour : "Un sénateur UMP estime que des parlementaires pro-OGM sont "actionnés" par les semenciers".

Jeudi 3 avril 2008
 

Commentaires

a propos de Kokopeli / bad news du 18 février /

L'association Kokopelli qui propose plus de 12 000 variétés de semences anciennes issues de l'agriculture bio, a été condamnée en appel pour avoir vendu des variétés non inscrites au registre national. En France, les graines destinées à être commercialisées doivent en effet être inscrites, chaque année, dans le Catalogue officiel des plantes potagères, au prix de 7 500 euros pour chaque variété. Des sommes que seuls les grands semenciers peuvent payer. Cette condamnation, en contradiction avec plusieurs textes européens ou internationaux exigeant de préserver le patrimoine cultivé de l'humanité, pose le principe de la privatisation des semences, qui appartiennent à ceux qui les payent. Elle fragilise, de ce fait, les agriculteurs soucieux de préserver la biodiversité.

OGM

Merci pour votre article passionnant, mais à faire pleurer ... comment des élus peuvent être aussi c... alors que l'information est là sous nos yeux ...

Felicitations

bonjour, je voulais vous féliciter et encourager pour votre blog qui est une super initiative. Continuez !