De la Sarkophobie

Etrange affection en vérité que la sarkophobie, qui prend parfois la forme d‘un accès de rage, d'une fièvre soudaine et irrépressible. Joseph Macé-Scaron, directeur adjoint du magazine Marianne, était interviewé ce matin par Christophe Hondelatte sur RTL en compagnie de Thierry Saussez, conseiller en communication, pour commenter l'accueil réservé à l‘épouse du président en Angleterre. "Carla Bruni-Sarkozy a fait très forte impression, a ainsi remarqué Christophe Hondelatte, (elle était) très belle, très élégante, très à sa place, plutôt rayonnante. Ce qui m‘inspire cette question…. Et si nous tenions enfin le fameux couple à la Kennedy que nous semblions tenir avec Cécilia et qui s’est envolé ? " Cette présentation fut insupportable à M. Macé-Scaron. Immédiatement, il agresse Thierry Saussez, qualifiant ce dernier de " publicitaire extrêmement habile" et ajoutant aussitôt avec perfidie, "c’est comme ça qu’il arrive à nous faire prendre des vessies pour des lanternes (…) Moi, ce qui me stupéfie c‘est le rouleau compresseur qui va dans ce sens, regardez Carla Bruni ! Regardez comme elle a changé !…" Et le fâcheux, tout dépité, tout scandalisé par cette horrible complaisance qui consiste à relever la bonne impression faite sur les Anglais par la première dame de France, s’échine bien inutilement à essayer de prouver le contraire, lançant au passage un petit pic au Figaro qui consacrera bientôt sa une à "Sissi impératrice"  (sic), à moins que ce ne soit "Josée Dayan" et France 2 dont il fustige avec nuances le "journal de désinformation" digne de "l’ORTF "… Les critiques ne touchent pas la politique de Nicolas Sarkozy, ses éventuelles maladresses diplomatiques, ce ne sont d’ailleurs pas même des critiques, mais une succession d’aboiements, d’éructations haineuses. Le journaliste est littéralement hors de lui parce qu’on a eu l’audace d’évoquer le bon accueil réservé à Londres au couple présidentiel. Et, comme la qualité de cet accueil ne correspond pas à l’animosité que Joseph Macé-Scarron nourrit à l'égard de Nicolas Sarkozy, il se déchaîne, couvrant de ses vociférations la voix de son interlocuteur et allant même, faute d’arguments, jusqu’à ironiser amèrement sur la tenue de Carla Sarkozy ! "Il ne suffit pas de s’habiller en petit tailleur gris souris avec un chapeau sur la tête pour ressembler à Jacky Kennedy parce qu’on n’a jamais vendu des photos de Jacky Kennedy nue à poil (sic) ", rajoute vulgairement l’écrivain-journaliste faisant allusion aux photos publiées par un célèbre tabloïd anglais. L’esprit de revanche accoudé à la bassesse...

On se souvient que Joseph Macé-Scaron, ancien rédacteur au Point puis directeur du Figaro magazine, prétendait avoir été « démissionné » pour avoir courageusement résisté à des pressions sarkozystes. On se souvient par ailleurs que le magazine qu’il honore aujourd’hui de sa plume, Marianne, avait très sérieusement qualifié Nicolas Sarkozy de « fou » avant les élections présidentielles, contribuant ainsi à élever le débat public dans notre pays. Ce matin encore, dans le même esprit, l’excellent journal Libération n’avait rien trouvé d’autre à se mettre sous la dent que d’attaquer bassement le président sur ses trop nombreux tics, titrant " un cortège de tics à Windsor " ! A quand donc, un délit de sale gueule ? Où est la critique ? Où est le journalisme ? Ce ne sont là que des grognements d’impuissance stériles, poussés par de minuscules pamphlétaires. Qu’ils se contentent de parler de l’immigration, de l’environnement, de la diplomatie, de l’économie, parce que il y a là, en effet, beaucoup à dire, des critiques à porter, des débats contradictoires à poursuivre. Mais de grâce, épargnez-nous ces misérables petits règlements de compte. Et ne confondez pas la critique indispensable du pouvoir et l’expression d’une haine personnelle dévorante.

Les chiens aboient et le carrosse royal passe...

Jeudi 27 mars 2008