Depuis quelques semaines, certaines personnalités, ainsi que des gouvernements, ont lancé un appel absurde pour boycotter le salon du livre de Paris, uniquement parce qu’Israël en est l’invité d’honneur. C’est l’occasion de réaffirmer une fois encore l’attachement que nous portons à nos principes fondamentaux, à la liberté d’expression, à la nécessité de maintenir le dialogue démocratique. Il ne s’agit pas ici de prendre parti pour les uns ou pour les autres ; le désastreux conflit qui endeuille depuis plus de soixante ans le Moyen-Orient ne doit pas même entrer en ligne de compte. On rétorquera peut-être, comme Tariq Ramadan, que cette invitation revêt une dimension éminemment politique dans la mesure où elle coïncide avec l’anniversaire de la création de l’Etat d’Israël. Mais en quoi cela devrait-il interdire à des écrivains de langue hébraïque de s’exprimer ? Suivant cette même logique, nous n'aurions pas dû faire de la Russie et de la Chine les invités d’honneur des salons 2005 et 2004, deux pays qui ne se distinguent pas vraiment par leur défense vigoureuse des droits de l‘homme. Et, à l’avenir, faudrait-il refuser d’inviter ceux-là même qui condamnent aujourd’hui Israël ? Notamment les pays connus pour financer le terrorisme international ? Non, laissons donc les écrivains échanger, rencontrer leur public et s’exprimer librement, qu’ils soient de langue hébraïque, arabe ou persane, athée, juif, chrétien, bouddhiste ou musulman.
Voir notamment La République des livres, le blog de l'écrivain Pierre Assouline.
Samedi 8 mars 2008. Dernière mise à jour le 15 mars 2008.